journée du 22

Frank Lepage a commencé sa conférence de 4 H 30.  Beaucoup de monde. 


Ça bouge de partout. 
Toutes les brigades sont réunies dans la salle bleue. J’ai peur de trop de joie et de bonheur d’être là ensemble, unis. Je suis vraiment le patriarche qui réunit ses ouailles, ses gosses. 
Pas facile, ça peut tomber très vite  dans le scoutisme, dans la colonie de vacances. 
Je dis souvent que la honte est un marqueur important, car quand on a honte, c’est qu’on est ailleurs, hors des sentiers battus, là où on a pas le droit d’être. 
j’ai honte d’avoir transmis à tous ces groupes le goût d’un théâtre naïf, direct, schématique généreux, un peu niais tout de même. 
J’écoute les arguments des italiennes, et c’est moi qui l’ai écrit. Carrément moi. 
Tu sais on croit que le capitalisme est immuable, 
mais on a dit ça de l’esclavage, on disait aussi que le soleil tournait autour de la terre , mais rien n’est naturel  
etc 
Qui a écrit ça, c’est moi  ? Trop nul, mais ça me plait.
Tout ça c’est un théâtre sympa, mais disons  comme petit objet artistique  affectueux sans prétention. 
On a besoin aussi des grandes oeuvres épaisses et mystérieuses.
On dit souvent ça avec Hervée, 
on se permet les BIT pour se reposer de Tchekhov, 
Shakespeare, Terezin, nos monuments  classiques. 

Hervée elle n’a jamais honte, elle est fière de ce qu’on fait. 
Elle a 71 ans, mais elle fait comme si son corps n’avait pas bougé. 
Elle dirige la Très grande Brigade, très hautaine. 
C’est un tantinet ridicule, cette armée rouge
On part dans la rue Gallieni derrière le Channel, 
une de nos dernières trouvailles. 
Le théâtre de rue dans la rue, c’est fini, puisque les rues sont vides, alors allons capter le public des rues vides, 

on avait fait une  brigade de de la Toussaint à Audincourt, 
40 personnes qui chantent pour une seule personne. 

Et là, on tombe sur Elodie au rez de chaussée ...
Es déjà tu allée au Channel qui est à 100 mètres de chez toi ? elle dit non, alors  je dis «le Channel vient à toi» . 
C’est totalement absurde, 
60 artistes pour une Elodie, mais c’est ce qu’on aime. 







On a décidé de faire une rencontre informelle  des brigades dans la grande halle du Channel. 
C’est bien.  
On fait de la fraternité, Hervée a tenu à ce que chaque Brigade apprenne le chant des autres. Bien sûr, les meilleurs élèves c’est la Brigade du Channel. 
Je regarde ces mélanges, 
j’en rêvais, 
et c’est désuet, un peu gentillet. 

Miracle, Elodie de la rue Gallieni vient d’arriver au Channel. Emouvant, on lui fait une petite aubade. 






Les Haïtiens vont jouer le cercueil, il fait très froid. 
Ils jouent bien, ils sont bien en jambes, 
c’est drôle. C’est notre humour, mais ils ont une sauce musicale délirante, les chants coulent comme le sang. 
Le public est assez populaire. 

Mais ensuite, mais après ? Vont -ils monter autre chose ? Oui, ils disent qu’ils l’ont fait, alors on a été utiles. 
La soirée est off, pénible, 
tout le monde s’aime et se congratule, les visages sont lumineux, quand le taux d’amour est trop fort j’ai mon côté Rimbaud qui ressort. 
« sur toute joie pour l’étrangler je fais le bond sourd de la bête féroce». 
Ça chante, ça récite etc.
Channel rime avec ritournelle cannelle, compassionnel. 
Les adieux commencent, ça n’en finit pas, aubades puis re aubades, complimentations 


Mercredi 25 mars 2015










Le vent tourne. On sent que ça prend. Les gens me parlent beaucoup, me remercient. Miracle, il y a une belle mixité de public pour Gourmandisiaque, la salle hyper pleine est très chaleureuse, et quand il y a ce mélange, l’écoute est multiple, les jeunes filles devant emmenés par leur professeur, les six Mamans avec qui nous avons fait quelques ateliers sont présentes, elles qui ont du mal à franchir la frontière des spectacles, Fabrice Lextrait, Charlotte Granger pour les professionnels. Cela nous met en forme. 
Viennent les Pinçon Charlot,  pour leur conférence presqu’un spectacle tant Michel nous fait rire dans ses doutes et ses hésitations.  Remplissage 110%. 
 A 23 H la brasserie est pleine, cela discute dans tous les coins, les contents, les pas contents. 
On se sent portés. Il y a  de l’élan, du désir, de la connivence. 
Oui le Channel est bien le poumon de cette ville sinistrée avec ses 24% de chômage. 
En fait la déception de ne pas avoir vendu les 4500 places en une heure est compensée par le fait que l’on peut encore obtenir des places et une femme m’explique que cela lui fait plaisir, elle ne venait plus au Channel , fatiguée de ne jamais avoir de places, considérant qu’un noyau dur s’emparait de toutes les places. 
Là, ça va , la billeterie d’Anne Sophie est encore open. 





Rita organise le PAF, comme Pas Facile, mais elle s’en sort. Tous les animaux n’ont pas le même besoin de culture, ce sont les cochons les plus affectueux. 
Quant à moi, je me demande si je n’ai pas abusé de l’elixir du seigneur Casanova, j’ai un coeur adolescent. 
En après- spectacle de Gourmandisiaque, une femme me confie ses déboires sexuels.  Pas facile de réussir en même temps sa vie amoureuse et sa vie professionnelle. 
Je lis un article anxiogène sur la fin de la décentralisation théâtrale qui se profile. Le maire de Poitiers vend son théâtre pour en faire un centre commercial et compte  mettre en place la cérémonie des Miss France, coût de 400 000 € parce que dit -il, ça c’est populaire. 
D’ailleurs ça a été la première décision culturelle de Moscovici en arrivant à la tête de l’agglomération, faire participer Montbéliard à Intervilles. Je m’égare. On prépare le Kapouchnik. Alors on lit tout ce qui nous tombe sous la main.  Non, ce  n’est pas le maire de Poitiers, c’en est un autre 
Je m’interroge avec les Pinçon Charlot sur l’attraction qu’exerce Marine Le Pen sur les français.  Monique la voit comme un pitbull,  et moi comme une vache, ou une charcutière ou une vendeuse de légumes au marché. 


suite de la chronique
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