Billets 2018

 

Quinzième année de petits billets hebdomadaires


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Samedi 6 janvier 2018 . Mouthe (Haut Doubs)   6°C


Une semaine que la page du réveillon de Calais est tournée et  depuis une semaine   je m’interroge sur notre demi -échec. Il y a bel  et bien eu un dysfonctionnement quelque part, les gens n’ont pas aussi spontanément chanté qu’on l’aurait souhaité, c’était un peu une épreuve de force. En vérité, nous détestons les manipulations classiques du public, nous nous l’interdisons : Bonjour Calais  ! Je ne vous entends pas, plus fort !  Et de plus, pour tous ces gens qui étions nous ?  Pour Lavilliers, Julien Clerc, Catherine Ringer il y aurait eu communion, or nous sommes tout sauf des stars, et si une centaine de personnes nous connait bien, pour les autres nous n’étions que des moins que rien, et de plus, la grosse sono chargée de lancer les chansons éteignait plutôt que stimuler.  Et puis, ce qu’on a bien constaté c’est qu’avec notre Johnny Smeet, immédiatement cela fonctionnait parfaitement. Les personnages étaient carrément une  FBI (fausse bonne idée ).  Moralité : ne t’aventure pas sur des terres inconnues sans essai préalable.




Samedi 13 janvier. Villars les Blamont. 0°C


Charlotte,  - gradée universitaire- me demande à brûle- pourpoint des renseignements sur la sexualité des septuagénaires.  On nous  imagine comme des retraités de l’amour, mais c’est tout le contraire, nous sommes gravement  inflammables, notre libido est éprise de jeunesse. Les patriarches qui ont écrit les préceptes religieux n’ont bien entendu placé aucun interdit sur les différences d’âge. Certes,  nous avons perdu un peu de notre fougue performatoire. Charlotte veut des précisions. Mais oui, la femme de 25 ans aux  fins poignets  que nous avons épousée, est une grand mère ridée , mais ne t’inquiète pas,  elle est encore capable de nous faire revivre les sensations d’antan.



Dimanche 21 janvier 2018. Malakoff    6°C


Les morts disparaissent de nos mémoires. Et moi je ne le cache pas, j’ai envie de laisser des traces, histoire de ne pas être oublié trop vite. Je  suis content d’être cité dans l’histoire du théâtre dessiné  d’André Degaine ou dans une encyclopédie du théâtre.  Si j’ai écrit cette lettre à Charlotte, conseils du théâtre  de l’unité à ne pas suivre, c’est que je n’avais pas envie d’emmener  dans ma tombe tout ce que j’ai appris du théâtre en un  demi- siècle. L’Harmattan l’a publié. Ouf.  

Un autre  livre vient de sortir sur Trappes : la communauté chez Albin Michel. Nous avons oeuvré sur ce territoire pendant 7 ans, de 1978 à 1985. Avons -nous laissé la moindre trace ? Va t-il être question de l’Unité où sommes nous déjà tombés dans la trappe de l’histoire.   J’ai une grosse appréhension. Je tourne les pages rapidement à la recherche de notre nom, je me sens un peu ridicule tel les comédiens qui dans un article de journal ne s’intéressent qu’au fait que leur nom soit cité. Eh bien nous y sommes, nous n’avons pas été effacé des tablettes de l’histoire,  je suis soulagé.



Dimanche  28 janvier 2018. Villars. 6°C


De quoi parlent  les septuagénaires de sexe mâle quand ils se rencontrent : de leur prostate bien sûr. 

Ah toi aussi, tu as un adénocarcinome ?  Ton PSA , fais gaffe, surveille le bien.  Faut pas être au dessus de 5,90.  Moi j’ai un bilan satisfaisant, ils m’ont ponctionné 18 carottes prostatiques, il n’y a pas d’extension au tissu péri prostatique. Ouf… Et tes nerfs érectiles ? Ah oui, on y tient à nos nerfs érectiles. Je ne m’imagine pas sans nerfs érectiles. Docteur, ça craint ou non ?  Pas de frayeur, à votre âge, on n’y touchera pas. Il semblerait que j’ai une allure hyperplasique, dans un parenchyme prostatique dystrophique.

Il y a des jours où l’on préférerait  franchement être une femme.



Samedi 3 février 2018   Malakoff  6°C Pluie fine


Ils sont trois, je suis pris en otage, pas moyen d’échapper à leur conversation. j’ai droit à toutes les marques de ski et leurs qualités respectives, puis aux VTT, vingt minutes de VTT, ils enchainent sur les résultats de Sochaux, avec un cortège de banalités épuisant style: s’ils gagnent,  c’est mieux que s’ils perdent  Ensuite celui qui mène les conversations  se vante d’avoir 36 points sur son permis de conduire  (avec celui de sa mère, de sa grand mère et  de sa femme), il  peut se permettre tous les  excès de vitesse, à 90 € l’amende ça va.    A la fin ils sont d’accord pour dire qu’avoir racheté Opel , c’est  une boulette de Carlos Tavares. Le train arrive à Gare de Lyon, son terminus. Je suis enfin libéré,  je me récite   le poème d’Aragon :J’aime pas les gens qu’un rien fait parler ou sourire. Je n’aime pas les gens.



Samedi 10 février . Villars - 1°C


C’est l’angoisse quotidienne.   Soit, le procès verbal d’un excès de vitesse, soit un -balance- ton- porc ,  parce que vous avez un jour- il y a huit ans- souligné les appâts de Jenny.

On va fêter les 50 ans de 68  et son slogan le plus célèbre il est interdit d’interdire dans une flopée de dénonciations, de délations, de puritanisme, de moralisme.  Des associations de femmes se nommant Elvire,  se  préparent à censurer le monologue du célèbre  prédateur sexuel  :  Dom Juan.  “on goûte une douceur extrême à réduire par cent hommages le coeur d’une jeune beauté… à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur etc»

Jamais je ne céderai , je le dis dans la Nuit Unique et je continuerai. Il n’ y a pas que l’islamisme dont il se faut se moquer, les juifs traditionalistes en tiennent une sacrée couche, et maintenant des associations souvent de gauche montent au créneau pour jeter au cachot tout ce qu’elles considèrent comme  mal-pensance.


Dimanche 18 février 2018. Marseille 8°C


Chacun d’entre nous est son propre chef d’Etat. Son Etat, c’est lui, c’est son corps, et tous ses membres.  Mais  en fait nous sommes de piètres  chefs d’Etat. . Nous prenons des décisions au sommet , et nous ne les appliquons jamais. Nous sommes tels l’ONU, nous édictions des résolutions, mais nous ne les suivons pas. Nous gérons mal notre couple, nos enfants, nos relations à l’’autre. Nous trichons, nous mentons. Nous rendons malheureux notre entourage.

Nous voudrions bien que ceux qui conduisent la Nation  soient exemplaires,  et nous montrent le chemin, mais ils sont encore pires que nous. Alors nous avons inventé des Jésus, des Mahomets, des Moïse,  figures de perfection mais cela n’a rien arrangé. Il nous reste le monde de l’Art pour nous trouver des modèles. Moi par exemple je voudrais bien ressembler à  Tchekhov..


    25 février  2018    Villars les Blamont  -8°C


Je suis soulagé qu’un historien israélien-Zeev Sternhell- mette les pieds dans le plat et assimile le likoud à des nazis puisqu’ils  veulent faire des palestiniens,  des citoyens de deuxième zone n’ayant pas le droit de vote. Mais je suis furieux contre Macron qui veut nous faire croire que toute attaque de la politique d’Israël doit être qualifiée d’antisémitisme. A ce régime là, des milliers de juifs français serraient de notables antisémites. Cette assertion est gravissime.


4 mars 2018. Malakoff. 10 °C


Souvent je me sens largué. Je n’arrive pas à m’intéresser aux séries, or sans arrêt j’entends des conversations sur les “séries”.  Je ne fais pas de “replay” non plus, je suis préhistorique à ce niveau-là. Je trouve comme Claude Hagège le linguiste qu’il faut résister à l’invasion de  l’anglais dans les conversations, mais c’est impossible. Je n’ai même pas Instagram, faut que je m’y mette. Je suis largué sur les timbres poste, la somme n’est plus indiquée. J’ai lu l’ordre du jour, le prix Goncourt, cela m’a intéressé puisque je l’ai lu jusqu’au bout, mais je ne lui aurai pas donné le Goncourt. J’ai google home, avec spotify, , mais je ne sais plus si je dois manger de la viande ou non, on me dit que les fruits c’est trop sucré, que c’est mauvais pour la santé.  Je suis largué.  Et les Tuches, 3 je fais partie des 5 millions de spectateurs qui l’ont vu, je n’ai pas trouvé cela très drôle. Décidément comme dit Rimbaud :  “je n’ai jamais été de ce peuple-ci”. J’ai du mal à épouser le 21 ème siècle.




11 mars 2018  Malakoff.  13°C


Ce qui a changé dans le théâtre depuis 1968 ? C’est Yves Perennou -la lettre du spectacle- qui me pose la question. Eh bien c’était une époque où le théâtre public bougeait de tous les côtés à la fois.

Nous allions tous dans la même direction, il fallait chasser la droite. La culture était un contre pouvoir. 

Malraux avait lancé l’idée des Maisons de la Culture, mais comme par hasard ce ne furent  que des municipalités communistes qui  avaient répondu  à cet appel.  ( Amiens, Bourges, le Havre etc)  A l’époque la droite était allergique à la culture, l’idée de théâtre de banlieue lancée par Ralite et Garran  avait envahi  toute la ceinture dite “rouge “ à l’époque.  C’était  aussi l’heure des grands chocs esthétiques : Living theater, Planchon, Kantor, Vilar, Barrault , Savary,  Béjart, Peter Stein, Lioubimov, Pina Bausch . Ne survivent aujourd’hui en France que Mnouchkine  et Peter Brook, ces deux -là  ont traversé un demi siècle sans changer de ligne. A l’époque, pas d’intermittence, c’est le plein emploi. Les jeunes compagnies s’étaient regroupées , nous étions à peine 15. On jouait 100 fois par an  Les critiques de presse étaient déterminantes. Ce qui est sûr c’est que les budgets n’étaient pas à la hauteur,  mais il  y avait un gigantesque élan, un immense défrichage


19 mars 2018   Villars , neige -1°C



L’image qui me reste :    des centaines de personnes qui s’approchent du plateau et tendent leurs mains pour que l’artiste- démiurge les touche, les effleure, les regarde. Des centaines de portables sont en position selfie. C’est le même qu’on a vu à la télé ;  la télé a ce pouvoir de sanctification.

Moyenne de 50 € la place, ils étaient environ 3000,  je multiplie :  150 000 €. Il va faire environ 50 zéniths, je multiplie : plus de 7 millions d’euros. Sur scène, il est  tel un grain de poivre sur une assiette. Pendant 2H 30, je ne regarde que le grand écran. Il rebondit sur chaque interpellation du public,  il est démagogue, mais pas plus que l’Unité. Les loges sont sinistres. Ses cousines dont certaines sont voilées, et son oncle d’Audincourt l’attendent, ils ont un badge VIP.  Séance de selfie.

Il me demande si je veux me prendre avec lui, j’ai dit non.  Dans ma tête j’ai pensé :  je n’aime pas le frelaté et le bankable.   Il a oublié qu’il n’est ici que parce que nous avions organisé des matches d’impro dans son collège de Trappes.


25 mars 2018 . Villars. 11°C



On va jouer la nuit Unique en Avignon, à Villeneuve en scène.

On n’a pas l’argent .. à la belle étoile.

Le vent, le froid, les moustiques, risque gigantesque. Qui voudra passer la nuit  avec nous  ?  et si on n’a personne ? Mais si on n’y va pas, on n’existe pas, Audincourt, la Franche -Comté, ça ne suffit pas, il faut se montrer c’est un métier de pute le théâtre. 

Faut s’exhiber,  on ne peut pas être anonyme,  faut que l’ on parle de nous…

12 ans que nous ne sommes pas allés à Avignon.  

Les  gens ils disent quoi  ?  Ah l’Unité, j’ai cru qu’ils étaient morts depuis longtemps.  


2 avril 2018   Villars  4° le matin


Parfois quand je vois tous les malheurs des gens qui je côtoie j’ai envie de décerner un  prix à la personne la plus malheureuse. il y a les RSA, les femmes et les hommes dont le couple s’est écroulé, il y a ceux qui trainent sans arrêt des maladies, les cambriolés, les rejetés,  ceux qui restent deux ans au chômage, ce qui sont en panne de chaudière, ceux qui perdent leurs  dents sans oublier les alzeimer, les cancers de la prostate,  les arthroses, les obésités injugulables, ceux qui égarent leurs affaires, ceux qui ne dorment pas, ceux qui vivent dans  un isolement intolérable. Mais moi, quand on me demande si je suis heureux, je suis pris d’une intense angoisse, car je déteste le bonheur, je trouve que c’est un état de fadeur absolue.



Dimanche 8 avril 2018. Malakoff  18°C


Avec la mort d’Higelin, c’est vraiment le moment de bascule entre deux siècles .

Mais où sont les chanteurs d’antan?  Trenet,  Barbara , Brassens, Brel, et les comiques, Desproges, Coluche, et les hommes de théâtre, Vilar Barrault, Planchon, Gatti etc.

Et de m’interroger. N’aurions -nous pas vécu une période bénie  en cette  deuxième moitié du 20 ème siècle, une période féconde et exceptionnelle.    L’Art vit  sans doute de grandes périodes plus propices que d’autres. 70 ans de paix en Europe, c’est magnifique mais l’Art  depuis une trentaine d’années s’endort  dans le conformisme,  le formatage et la marché libéral. 



Samedi 14 avril    Montpellier  14°C


C’est tout de même un peu déconcertant. tu sais que tu dois partir bientôt, mais tu ne sais pas quand. A chaque nouveau départ tu te dis : tiens, il a le même âge que moi tel Halliday, ou Higelin  3 ans de plus que moi. Faut que je prépare mes bagages, c’est un très long voyage, faut pas que je laisse de la vaisselle sale dans l’évier. Ce départ, il est peut être tout à l’heure, ou dans dix jours ou dans cinq ans. Pas moyen de savoir. J’aimerais faire une auto -évaluation  de ma vie, mais je n’y arrive pas, car elle est à peine commencée,  j’ai toujours la sensation d’être au tout début, avec mille doutes, mille désirs. En fait, cela fait cinquante ans que j’ai 25 ans.


Dimanche 22 avril. Villars les Blamont.  28°C. lendemain de ruches


J’ai  à l’intérieur  de mon cerveau toute une bimbeloterie  et quand je me mets à réfléchir, cela fait un bruit épouvantable comme si des billes d’acier s’entrechoquaient. Tout se mélange, tout est en désordre, les souvenirs prennent trop  place et empêchent  l’avenir de s’épanouir. Il y a toutes les  déceptions et les regrets, il y a les désirs fugaces, les désirs illicites, les désirs impérieux. Il y a les amitiés que l’on oublie d’entretenir, il y a des machines à calculer, et des peurs, des haines. il y a aussi tout que je n ’aurais  pas dû faire, il y’a aussi la détestation de la joie, la haine d’un individu et mes envies de meurtre, des  poèmes, beaucoup  de  poèmes qui m’aident à supporter le poids de la vie.


Lundi 30 avril. Villars les Blamont.  10°C pluie


Il y a ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. Pour moi,  le théâtre c’est le lieu où l’on soulève le couvercle de la vie, où l’on explore l’âme humaine jusqu’au plus profond.

Il s’avère que souvent la vie est bien plus intéressante que l’Art. Il s’avère que les romans sont bien en dessous  de la réalité. Voyeur, voyant voyou, cela a toujours été un de mes mots d’ordre.

L’ennui vient au théatre parce que tout est trop  faux, trop du  toc, trop de la tricherie. On ne croit rien.  On n’y croit pas.  Un jour dans une classe de seconde, les filles s’exprimaient : “on veut que le théâtre aborde les tabous de notre société”.

Pendant les Ruches une des alvéoles s’intitulait récit intime,  et nous y  avons vécu la sidération provoquée par le souffle du vrai.



Malakoff.  5 mai 2018. Beau soleil. 


Quatorze ans que j’écris un billet tous les samedis. Je ressasse, je me répète, je suis entre l’ennui et la passion entre le désespoir et l’énergie, et l’envie de changer le monde. J’ai le dégoût de la vie banale et matérielle, le dégoût de la vie du corps de ses flatulences, de ses rots. Je suis fasciné par la chute, le déclin, mais aussi par la réussite. J’ai envie d’anonymat et de reconnaissance etc.  Mais là, où il y a constance, où il n’y a plus de doute,  c’est le jeu théâtral. Hier à Champigny, notre Macbeth était si beau que je me réveille heureux.  Certes mon contentement sera de courte durée, mais tant pis, j’irai à Opéra observer la fête à Macron avant de rejouer ce soir.


Malakoff, 13 mai 2018. Pluie. 13°C


La vie devient tellement plate, tellement fade, tellement triste. Les rues de nos villes  sont  quasiment  vides.  Les télévisions dégoulinent de la guimauve. Nos dirigeants- managers ont réussi à greffer en chacun de  nous  la soif d’acheter,  et de posséder, et ceux qui n’y arrivent pas deviennent fous de rage et tuent tout ce qui bouge. Tous les pays sont pris par la commémorite, la maladie de la commémoration,  trois photos , une grille caddie, un maire pour le discours, 3 drapeaux,  un peu de blanc dans des verres en plastiques et trois cacahuètes,  la présence de quelques vieux qui s’en souviennent. “Dans tout réclamez la vie” disait  Buchner. Je collectionne les apophtègmes sur mon  besoin de vivre intensément.  


Villars les Blamont, 20 Mai  17°C pentecôte


On ne peut plus laisser  aux  chefs d’état la conduite des pays, ce sont tous des psychopathes, des névrosés, des fous dangereux. Le couple Trump Netanyaou  est aussi abominable que les gars  du Hamas.    Je suis ému quand  je vois les 12 000 femmes palestiniennes et israéliennes qui défilent ensemble se parlent et disent : on ne veut plus  perdre nos enfants, on veut la paix, nous sommes capables de nous entendre et de vivre ensemble. ( woman  wage  Peace).   Les dirigeants européens de 1914 ont envoyé  60 millions d’hommes à une bataille idiote,  qui  a fait 18 millions de morts.  Et ceux de 2018 ne semblent pas plus intelligents.  (Macron compris ).   Il faut que les peuples reprennent le pouvoir.



Malakoff  26 mai 2018.    29°C prévus


Tous les matins, elle gémit : à quoi bon vivre si on est inutile,  si on n’est plus bonne à rien. Je réponds : t’as raison, monte au cinquième étage de l’immeuble d’en face et jette -toi dans le vide. Pauvre Edith, mise à la retraite bien trop tôt. Il faudrait négocier les retraites des fonctionnaires au cas par cas. On a besoin dans tous les métiers des septuagénaires et de leur expérience. Priver les gens de leur métier à cause de leur année de naissance est d’une violence extrême.