TOURNEE

Carnet de bord non exhaustif, j'écris, mais parfois non. Pas de recul. La vie prend le dessus. Exemple, Il n'y a pas Chalon dans la rue 2002, Perdu ? On ne sait pas, pourtant nous occupions un petit hôtel et c'était la folie. Cinq jours de suite.Vesoul, je n'ai rien écrit non plus, ni Limoges dans le cadre des francophonies. Le public remplissait les spectacles"classiques" mais pas notre hôtel Mercure, pourtant nous avons eu un vrai article à Limoges. Il manque aussi Tours.

JL


2004


Liste alphabétique

  1. Arles(1)

  2. Audincourt(1)

  3. Aurillac (2)

  4. Bourgouin.Jallieu(1)

  5. Calais(5)

  6. Chalons en Champagne(1)

  7. Chareleroi (4)

  8. Chateauroux(2)

  9. Dieppe(1)

  10. Encausse les Thermes (2)

  11. Haguenau(1)

  12. Macon(1)

  13. Montbéliard(1)

  14. Tarbes(3)

  15. Valréas (1)

et

  1. Chalon dans la rue (4)

  2. Limoges (3)

  3. Vesoul (1)

  4. Eaubonne (1)

MONTBELIARD. 27 MARS 2000

Ultra confidentiel.
Ne pas diffuser sauf à des
personnes  sûres
36/38 rte d’Audincourt.
Maison du Bord de l’eau
27mars
20Heures maximum de discrétion
La presse ne doit pas être avertie. Ce qui va se passer dans les chambres doit absolument être passé sous

silence.

(Le flyer qui annonce le "bordel poétique").

Toutes les chambres sont occupées et décorées, l'ambiance est interlope. Dans les chambres, je dois rectifier le tir, car certaines mises en scène sont éminemment"limites".

Je crois qu'il y a matière à véritable spectacle.


25 et 26 mai 2001/ VALREAS


Nouvelle création. crash test à Valréas

L'idée est basique, c'est une maison close dans laquelle les pensionnaires font le commerce des mots d'amour, exclusivement.

Ces 25 et 26 mai, la maison close était un vrai hôtel, l'hôtel de la paix, à Valréas, avec ses couloirs sombres, ses chambres, son bar 1900.

Chacune des six chambres était décorée à l'image de ses occupants.

Bernard, c'était la chambre d'un explorateur,

Marie Leïla et Catherine avaient tendu des guirlandes de lingerie fine féminine, éclairées avec des dizaines de bougies,

Nadine et Boris avaient tout sorti de la chambre pour créer un monde de rideaux blancs à traverser pour accéder à la couche quasi-sacrée,

Marcel quant à lui, nous recréait une atmosphère africaine avec des tissus du pays et une belle palme sur la porte,

Jacques travaillait sur les sons, odeurs et les sensations.

Sylvie et Sébastien exhalaient la pureté, leur belle chambre à mezannine était impressionnante d'austérité bleue en bas, blanche en haut.

Les pensionnaires descendaient dans le grand salon, de rouge vêtus, pour être distingués, choisissaient leur client ou cliente, puis montaient pour une "passe" poétique" d'une durée de six à onze minutes.

Donc, ce sont environ quatre vingt clients par soir qui ont goûté aux délices de l'amour. Les poètes étaient de toutes sortes : des poètes érotiques anonymes, Eluard, Aragon, Claude Roy, Maupassant, Pierre Béarn, Ghérazim Lucas, Cendrars etc.

La demande a été pendant ces deux jours supérieure à l'offre, et de nombreuses personnes n'ont pu satisfaire leur désir de passer un court moment interlope de toute beauté, car de l'avis de tous, les étreintes étaient intenses, fortes, riches, presque sublimes

Le théâtre de l'Unité a décidé de mettre à l'étude la faisabilité des chambres d'amour, non plus en crash test, mais en nouvelle proposition de spectacle d'avenir. Bon, la fiche technique comportera la mise à disposition d'un bar-hôtel de dix chambres minimum.

Un grand coup de chapeau à Pascal Larderet, à la compagnie Cacahuètes, à la ville de Valréas, à l'hôtel de la paix qui ont pris le risque de nous inviter sans savoir du tout de quoi il ressortait.


AUDINCOURT

Samedi soir 1er décembre 2001,

Hôtel Chantalainx,

plus de 150 personnes se sont pressées pour monter dans les chambres ; bien sûr les anciens amis de l’Unité, mais quelques personnes sont sorties de leur quartier pour voir un peu ce qui se passait . Tout n’est pas perdu. Le théâtre n’est pas complètement mort.

Les chambres :

  1. 101 : Bernard Goetz

  2. 102 : Fabienne Michaud

  3. 103 : Jacques Livchine

  4. 104 : Goobie

  5. 105 : Pierre Yves Jeandel

  6. 106 : Isabelle Sosolic

  7. 201 : Sylvie Lalaude

  8. 202 : Boris Misiak

  9. 204 : Catherine Fornal et Marie Leïla Sekri

  10. 205 : Nadine Treuthard

  11. 206 : Sébastien Dec Et Hervée de Lafond avec un superbe chapeau dans le rôle de la tenancière, sans oublier Céline Poulat en robe du soir traquant les adresses des clients.
    Quelques chambres étaient incroyablement transformées. On se croyait véritablement dans un hôtel de passe. Le bar n’a pas désempli.. Mais au bout de quatre heures ininterrompues, nous n’étions plus très frais.

  12. Sujet dans l’Est républicain, et sur FR 3. Un expert Drac s’est déplacé, qu’il en soit remercié.

  13. Des adjoints de la mairie d’Audincourt sont venus voir de visu ceux pour qui ils préparent un superbe lieu dans la défriche Japy. Et aussi le conseiller général Pierre Hélias.
    Bien sûr le président de l'Unité : Yves Ravey, en famille.
    On a commencé à 19 H, terminé à 23 H. Puis dîner à l'hôtel. excellentes truites. Rangement : coucher : 1 H 30

    Encausse les Thermes 16 et 17 mai 2003
    Elisabeth est de St Gaudens, elle monte avec moi à 21 H 06.
    Pascale s’allonge sur le lit un peu étonnée à 21 H 14.
    Dans les passes poétiques, je suis spécialiste de la clientèle « guerre froide », adulte des années 60. Claudine est bien détendue, je la caresse tendrement avec les mots de Verlaine, elle me dit : « si seulement mon mari me parlait comme ça".
    Puis le défilé continue :
    Mireille, Claude, Christine, Nicole, Agnès, Anne, Myriam, Liliane , Claudine, Marie- Germaine, Joana, Evelyne, Nathalie, Christine , Janine, Josephina, Joëlle, Elisabeth, Marie Noëlle, Kelinou.

    Chacune et chacun des pensionnaires reçoit une trentaine de clients par soir.
    On ressort de là un peu ivres , un peu fou, un peu excités, et totalement exténués. On n’arrête pas de 21 H à 23 H 45.
    Qui eût pu imaginer les chambres d’amour à Encausse les thermes ?
    Un village calme, à un quart d’heure de St Gaudens. Les anciens thermes sont abandonnés, il reste des dessins magnifiques sur les murs.
    L’épicerie du village nous rappelle les années 50.
    Le restaurant des marronniers sert encore des entremets
    et l’hôtel de la mutuelle de l’ORTF est un monument du loisir laïque. C'est là que nous officions.

    Le salon est somptueux avec sa cheminée.
    En l’absence de Clémence Carabosse, Hervée ( Madame Renée) se fait assister par Corinne. (Sébastien Vion ).
    Le couple a l’air de fonctionner. Disons que l’on entend beaucoup de rires.

    Les deux soirées sont assez magiques.
    Qui sont ces gens qui viennent de partout et même du village se faire dire des mots doux dans l’alcôve?

    Il y a là la couturière, le notaire , le médecin, la bibliothécaire, le fabricant de fromages, la sage femme, la Mamie, le bûcheron.

    Cette chose que l’on ne croyait plus possible, le théâtre pour les gens, l’équipe de Pronomades en Haute Garonne y parvient.

    Je ne cesse de me répéter : c ‘est comme ça que je rêve le théâtre, et là je suis dans le rêve. Ce Philippe Saunier-Borrell est vraiment curieux. D’abord l’orthographe de son nom est la plus impossible qui soit, on est presque sûr de faire une faute.
    Saunier Borell, tout le monde l’avait répéré avec sa St Gaudingue. Il était un des premiers à tenter de sortir le théâtre de rue de l’ornière de l’animation ou de la fête -pour -faire -plaisir –à- la -municipalité. Il y avait toujours à la St Gaudingue un axe et une revendication artistiques fortes.
    On connaît la suite, le nouveau maire de St Gaudens qui parle d’art dégénéré, et voilà notre Saunier Borrell à la rue.
    Mais DRAC, conseil général, conseil Régional cinq communautés de communes, et un petite poignée de villages décident de poursuivre.
    Une équipe réduite de quatre personnes est installée à Soueich et invente une programmation à l’année , d’avril à novembre, avec 46 rendez –vous.
    Ici, pas d’abonnements , pas de festivaliers ; simplement un public varié rempli de désir et de ferveur.

    Il faut dire que Saunier Borrell ne s’enivre pas des vocables arts de la rue, arts de la piste, il ose mettre le spectateur et la population au cœur de sa recherche. Il compare ce qu’il propose aux « bancs publics » et veut intituler sa démarche : arts publics. Il ne met pas au centre, l’excellence de la création etc., lui, il ose parler de la relation au public, ce qui est tout de même de nos jours assez audacieux, et à contre courant.
    Je crois que le devoir de tout professionnel est d’aller voir ce qui se passe du côté des « pronomades » pour aiguiser sa réflexion, et agrandir son champ des possibles.

    Chateauroux

    19 et 20 septembre 2003
    Le directeur d’Equinoxe , scène nationale, François Claude, est aux petits soins avec nous, il suit l’expérience de près.
    Nous aimons ce genre de directeur qui a encore de la fibre humaine et de la passion.
    Je vais faire 22 clientes entre 19 H 06 et 22 H 22.
    Il fait chaud
    Je tourne autour de 5 poésies ce soir :

    1. Baudelaire : la chevelure

    2. Verlaine : de la douceur

    3. Cendrars : Transsibérien

    4. Eluard : la courbe de tes yeux

    5. Aragon : les yeux d’Elsa Copie du registre

      1. 1.

      2. 2.Marie Claude vendeuse de bijou 19 H 06

      3. 3.Marylin Employée Mgen 19 H 13

      4. 4.Annouck : employée de banque 19H 20

      5. 5.Nicole : Grossiste en médicaments 19H 26

      6. 6.Ludivine : Chambre de commerce 19 H 34

      7. 7.Nadine : institutrice 19H 36

      8. 8.Scharys : étudiante, 19 H 42

      9. 9.Geneviève : Agent immobilier 19 H 49

      10. 10.Thérèse : infirmière 19 H 57

      11. 11.Marilik : femme de chambre 20 H 07

      12. 12.Josette : secrétaire 20 H 14

      13. 13.Josette : Guichetière la poste 20 H 22

      14. 14.Sophie : préhistorienne 20H 55

      15. 15.Corinne : animatrice 21 H 02

      16. 16.Anne Marie : enfance inadaptée 21 H 10

      17. 17.Solange : inspectrice impôts 21 H 17

      18. 18.Stéphanie : assistante de direction 21 H 23

      19. 19.Virginie : Professeur d’école 21 H 32

      20. 20.Martine : enseignante 21 H 38

      21. 21.Josette : assistante sociale 21 H 47

      22. 22.Françoise : prof sciences naturelles 21 H 54

      23. 23.Murielle : infirmière 22 H 01

    6. Ensuite je joue de l’accordéon dans la salle d’attente, je récite du Cendrars, Chante le temps des cerises (très mal) Et fais une chanson polaroïd à Malrik,
      Final à la pizzéria : Pizzicati . Filet de sandre. 90 minutes d’attente, je suis servi le dernier. Je bois 1 Litre de Badoit
      Je m’endors devant POF et Dany Boon.
      20 septembre
      On fait quelques rectifications et ajustements.
      Soit c’est le public, soit c’est nous qui sommes mieux, mais on monte d’un cran.
      On retrouve mieux l’esprit « maison close » l’atmosphère interlope de Toulouse Lautrec.
      Je reçois des clientes qui ont l’écoute vibrante et émouvante.
      Marjorie a raconté qu’un de ses clients avait versé des larmes.
      On a intégré 3 nouveaux pensionnaires : Cécile Dehalu, Marjorie Heinrich, et Roy dit Pancho, outre les 9 anciens à savoir :


    7. Gouby, Marcel Djondo,

    8. Catherine Fornal

    9. , Marie Leila Sekri,

    10. Bernard Goetz,

    11. Jacques Livchine,

    12. Sébastien Dec

    13. Isabelle Sosolic,

    14. Hugues auxquels il faut rajouter

    15. Madame Renée, Hervée de Lafond

    16. Clémence (Nicole Rivier ) pour l’accueil.

    17. Notre petite Sylvie Lalaude est clouée à la maison vu l’accident malheureux de son compagnon Gill Gervais immobilisé quatre mois à la suite d’une chute d’échelle.


    18. Tout le monde pense que c’est tellement bien ce spectacle que nous le jouons partout de ville en ville !
      C’est ce qu’il y a de plus absurde et de, plus dur à comprendre lorsqu’un spectacle marche si bien qu’il ne soit pas assez joué. Le directeur d’Equinoxe, François Claude, nous écrit :
      merci à toutes et à tous pour ce drôle d’elixir entre gouaille et suavité . Ambroisie, gauloiserie, sensualité.
      Il nous propose une transberrichonnerie, randonnée spectacle, la saison prochaine. On ne va pas dire non ! J’ai bel et bien tenu le registre de mes clientes, avec leur âge.

      1. 1.Béatrice. 66 ans .dermatologue. 19 H 06

      2. 2.Madeleine 60 ans. Retraitée de l’enseignement. 19 H 14

      3. 3.Marthe . 13 ans , collégienne 19 H 21

      4. 4.Agnes 43 ans. Comédienne. 19 H 29

      5. 5.Marie Claude 57 ans, sans profession. 19 H 35

      6. 6.Marie-Anne. 47 ans . attachée commerciale. 19 H 43

      7. 7.Dolores 4O ans. Infirmière. 19 H 52

      8. 8.Isis 58 ans. Conseiller en Art plastique 20 H 01

      9. 9.Colette , 63 ans , retraitée de l’animation rurale. 20 H 09

      10. 10.Marie Laure 44 ans, attachée de direction 20 H 16

      11. 11.Sophie 23 ans . IUFM 20 H 24

      12. 12.Florence 54 ans. Fonctionnaire. 20 H 50

      13. 13.Estelle, 29 ans, pharmacienne. 20 H 57

      14. 14.Claude 42 ans , comptable 21 H 05

      15. 15.Michèle, 50 ans institutrice. 21 H 12

      16. 16.Danièle 55 ans. Scénographe. 21 H 20

      17. 17.Martine 43 ans, psychologue 21 H 29

      18. 18.Valérie 36 ans , commerçante prêt à porter 21 H 35

      19. 19.Catherine 31 ans, maîtresse en CM2 . 21 H 41

      20. 20.Hélène , 43 ans Institutrice. 21 H 50

      21. 21.Anne marie 50 ans Institutrice. 21 H 57 .




    19. DIEPPE . 5 octobre 2003 Il y a du vent sur Dieppe.
      Chambres d'amour sur un paquebot
      Une première fois.
      Je dis souvent : dans la vie il faut s’arranger pour être toujours en situation de
      première fois, sinon c’est la routine.
      Jouer sur un paquebot entre Dieppe et Newcastle, avec changement de méridien, passage de douane très tard dans la nuit, en faisant attention qu’un réfugié ne vienne pas se glisser dans votre voiture, tout ça c’est de
      la première fois.
      Merci à Daniel Andrieu, Monsieur de Sotteville, de nous avoir sélectionné sur ce coup là.
      D’ailleurs je lui dis à la fin en toute franchise : être directeur,c’est aussi être artiste ,c ‘est inventer des concepts, des mélanges, rien à voir avec le programmateur.
      Le concept : une journée marathon pour 200 personnes qui paient pour un circuit d’une journée très longue qui les mène en Angleterre, à Brighton au milieu de plein de surprises, notamment délices dada, le pauvre matelot de Darius Milhaud, un concert baroque outre manche, un repas, une tempête sur le bateau.
      C’est payé par le conseil général…
      Ah si le Doubs m’entendait il comprendrait notre malheur d’être implanté dans un département où la culture est considérée comme un vague colifichet. Alors que 85% des départements ont un office de la culture ! ça nous apprendra d’aller dans un département à vaches.
      Donc grosse excitation à bord. Prendre sa cabine, la transformer, coucher sur l’eau et au départ un vent à 70 km/h rend notre tâche encore amusante, nous sommes ivres et titubons dans les couloirs. (Catherine vomit et sera forfaite le matin).
      Pour moi un score de 21 clientes

      1. 1.Michèle 66 ans prof d’écologie 9 H 46

      2. 2.Ghyslaine 40 ans juriste 9H 53

      3. 3.Laurence 41 ans . aide ménagère : 9H 58

      4. 4.Chantal 57 ans pharmacienne 10 H 05

      5. 5.Patricia : 46 ans prof d’anglais 10 H 13

      6. 6.Françoise : 72 ans Hôtelière 10 H 19

      7. 7.Emanuelle 53 ans Architecte 10 H 27

      8. 8.Sylvie 51 ans : comédienne 10 H 34

      9. 9.Annie : 55 ans Psychiatre 10 H 43

      10. 10.Annick : 62 ans Prof de maths 10 H 51

      11. 11.Anne Laurence : 53 ans Médecin 10 H 58

      12. 12.Berna dette : 62 ans Caractérielle 11 H 08

      13. 13.Catherine : 50 ans Agent d’assurances 11 H 15

      14. 14.Fréderique : 38 ans : acheteuse en meubles 11 H 24

    20. Statistiquement parlant on a 746 années au total soit 53 ans de moyenne. Professeurs : 21 %. Médecins : 21 % . C’est un festival de musique : octobre en Normandie.
      On reprend à 19 H 38 jusqu’à 20 H 19 , c’est le dîner sur le bateau qui commence.
      Débarquement à 00 H 15. Coucher Hôtel Aguado à Dieppe.
      Daniel est très content , le public est content, l’équipage est venu dans les chambres d’amour, Hmm .. J’ai entendu des rumeurs sur certains moussaillons des cales, ils sont contents, eux aussi.


      L’Angleterre, c’est pour moi des remontées de souvenir énormes, le Sussex que je faisais à vélo, quand j’avais 17 ans, tu sais les gosses de la bourgeoisie que l’on casait chez des vieux anglais pour apprendre la langue que l’on apprenait avec les filles sur la plage, et moi qui ne savais pas à l’époque si on embrassait avec lunettes ou sans lunettes, d'ailleurs je ne le sais toujours pas.

      Film de 7 minutes tourné par FR 3. ces films que l’on ne voit jamais et dont on n’a jamais la cassette ! ça passe jeudi 9 octobre à 13 H 05 sur FR3 satellite. Enregistrez pour nous ...
      Tarbes, 15, 16, 17 janvier 2004 Le Parvis


      Invités par une scène nationale pour la seconde fois, (la première c'était Chateauroux) c'est à noter.
      Merci à Marc Belit le directeur de nous avoir programmés dans son festival "parlez moi d'humour" pour fêter aussi les 30 ans du Parvis, la seule scène nationale avec le Merlan à être implantée dans un hypermarché. (Leclerc).
      Nous avons à notre disposition l'hôtel de l'avenue, tenu par les sympathiques Françoise et Michel qui vont jouer le jeu , trois jours durant.

      L'équipe : Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Nicole Rivier, Sylvie Lalaude, Bernard Goetz, Goobie, Seb Dec, Pancho, Catherine Fornal, Gill Herde, Marjorie Heinrich, et deux nouvelles Julie Jouvenot et Hélène Jouvelot. On ne dira jamais assez l'émotion provoquée par cette non-pièce.
      Marion, 23 ans est en larmes et me dit "c'est trop beau" elle n'arrive pas à sortir de la chambre.
      80% des fois, les mercis sont intensément chargés.
      Pourtant on ne fait pas le plein, ce qui nous évite le "speed".
      Verbe poétique, atmosphère, proximité, le mélange est détonnant.
      Faudrait que l'on joue plus souvent, ce qui nécessite que les directeurs sortent des objets culturels cadrés et jouent l'aventure artistique. Mais il est vrai c'est de la petite jauge pour 14 comédiens, cela est mauvais pour les statistiques de fréquentation. Pourtant combien de fois pour les spectacles contemporains, on se retrouve à 150 dans nos établissements publics.
      Le Plaisir extrême, pour nous comme pour les clients de l'hôtel.
      C'est la fête , sauf pour moi immobilisé par une crise de goutte, mais je joue l'homme mystérieux, j'attends les clientes dans la chambre 2.
      Ma plus âgée : Jeanine 77 ans.
      le bonheur quoi...
      Merci au Parvis d'avoir pris le risque. Le directeur dit que nous lui faisions peur, j'espère qu'il est rassuré.

      12 juin 2004. Hôtel Moritz à Chalons en Champagne. rue Lochet
      dans le cadre de Furies
      On nous a demandé si nous n'étions pas gênés de jouer dans un hôtel dont le patron est affilié au parti d'extrême droite de Megret.
      Pour nous pas de dilemme. C'est le style de personne qu'il faut justement approcher avec l'espoir des les changer.
      Toutes les 3 séances sont pleines.
      les chambres sont bien décorées, l'équipe est en forme.
      l'équipe : Hervée de Lafond, Sébastien Vion. Jacques Livchine, Sylvie Lalaude, Pancho, Gill Herde, Hugues Louagie, Catherine Fornal, Bernard Goetz, Julie Jouvenot, Hélène Jouvelot, Sébastien Dec, Goobie, Marie Leila Sekri.
      Cela va très bien se passer.
      On va toucher environ 250 personnes.
      Mes clientes

      1. Colette. 38 ans. institutrice

      2. Elodie 35 ans Culture commune.

      3. Louisette 60 ans . france télécom

      4. Ellé. 26 ans. Chargée de Mission à Hors les murs

      5. Françoise. 50 ans . ilotopie

      6. Elodie 28 ans attachée de presse

      7. Françoise de Nevers. Directrice de festival.

      8. Pascale 43 ans professeur

      9. Annick 62 ans. Kiné

      10. Eugénie 54 ans prof d'histoire

      11. Yolina 25 ans. Chargée de production (Neerpelt)

      12. Mélanie 29 ans Ingénieur agricole

      13. Brigitte 40 ans. Comptable

      14. Jacqueline 78 ans. professeur de dessin

      15. Lydie 40 ans assistante d'un festival

      16. Fabienne 50 ans . enseignante technologie

      17. Pauline 17 ans Lycéenne

      18. Josy 55 ans retraitée de La Poste

      19. Jenny 32 ans Théâtre de la Marionnette à Paris

      20. Dominique 54 ans. médecin généraliste  
        Les gens adorent, et ils le disent, ce n'est pas désagréable

      21. ARLES
        2 octobre 2004

         
        L'évènement c'est cet hôtel merveilleux , à deux pas des arènes.
        A notre grand étonnement ce sont les ATP qui nous invitent.

        Sebastien Vion quelques heures avant de jouer.
        Comment ne pas se régaler ?
        On se laisse pénétrer par un luxe qui n'est pas vulgaire. Certaines personnes ont vu Terezin la veille, d'autres non. Public assez classe, on y reconnaitra le président de région, Michel Vauzelle, le directeur de l'école de photographie d'Arles qu'Hervée appelle le directeur de MJC , du personnel des maisons d'édition locales .
         
         
        Les chambres en place :
      22. 18 : Jacques Livchine

      23. 22: Sylvie Lalaude

      24. 14 : Hugues Louagie

      25. 19 : Marjorie Moulet

      26. 26 : Sébastien Dec

      27. 34: Pancho

      28. 38 : Catherine Fornal

      29. 42 : Goobie

      30. 43 : Marie Leila Sekri

      31. 45 : Isabelle Sosolic


    21. Toutes les séances sont pleines, on joue plus de trois heures, avec un grand plaisir, et même parfois un véritable état de grâce.

    22.  
      J'ai une chance énorme, ma chambre est au rez de chaussée.
      voici la copie officielle du registre de la chambre 18 le 2 octobre 2004
      1. 1.Maguy. 19 H 08. 50 ans Juriste .

      2. 2.Pascale 19 H 15 , 44 ans , Psychologue

      3. 3.Maguy 19 H 21, 74 ans . retraitée de l'Education Nationale

      4. 4.Luce, 19 H 27 , 9 ans . CM1

      5. 5.Marie 19 H 31 , 65 ans. Comédienne.

      6. 6.Josette 19 H 37, 61 ans . enseignante (Nous sommes nés à 15 jours de différence)

      7. 7.Frédérique : 19 H 42 . 33 ans. notre costumière.

      8. 8.Louise 19 H 42 . 10 ans . CM2

      9. 9.Martine. 19 H 51. 34 ans. documentariste

      10. 10.Betty 19 H 57 . 54 ans. Prof de sciences Naturelles

      11. 11.Camille 20 H 16 . 31 ans. professeur de lettres (je craque)

      12. 12.Yvonne 20 H 22. 73 ans . médico social

      13. 13.Isabelle 20 H 27 . 43 ans. employée d'Acte Sud, éditeur.

      14. 14.Marie Thérèse. 20 H 33 . 58 ans . employée du théâtre d'Arles

      15. 15.Claude 20 H 40 . 53 ans. Mère de famille

      16. 16.Marie Paule. 20 H 46. 53 ans. Invalide à cause d'un accident de la route.

      17. 17.Isabelle. 20 H 51. 26 ans. Comédienne arts de la rue.

      18. 18.Caroline. 20 H 57. 28 ans . Sage femme. (aïe, trop sensible).

      19. 19.Pascale. 21 H 04. 32 ans . Professeur EPS.

      20. 20.Annie . 21 H 29 . 60 ans. Vendeuse en mercerie

      21. 21.Marguerite 21 H 35. 58 ans. Traductrice d'Italien pour Actes Sud.

      22. 22.Saskia . 21 H 42. 59 ans. styliste

      23. 23.Virginie 21 H 47. 60 ans. écrivain de chez Gallimard (Virginie Buisson).

      24. 24.Dolores. 21 H 55 . 56 ans . Notre Hôte. ATP et théâtre d'Arles.

      25. 25.Marcelle. 22 H 01 60 ans . Retraitée des Ponts et chaussée.

      26. 26.Catherine 22 H 14. 48 ans. danseuse. (Oh, les belles jambes)

      27. 27.Nathalie. 22 H 21. 40 ans. Editeur. (Autrement dit)

    23. .

    24. Encore une soirée bénie des dieux, à part la première cliente, qui me braille le nom du poète en plein milieu, c'est sans arrêt l'émotion absolue. statistiquement :

      1. Moins de 10 ans : 1%

      2. Moins de 30 ans : 0%

      3. 30/40 ans : 19%

      4. 40/50 ans : 20%

      5. 50/60 ans : 37%

      6. 60/74ans : 23%

    25. .
      .
      Voilà, bizarre. Pourquoi les 20/30 sont absents. Il est vrai que je suis le spécialiste des femmes de mon âge, A part ça, à Arles on peut se réjouir de la présence de quelques élites politiques et culturelles, mais les milieux populaires étaient sous -représentées chez mes clientes.

    26. HAGUENAU. 9 et 10 Novembre 2004

    27. Nous sommes au coeur de l'Alsace. Le directeur du Relais Culturel est une crème, Daniel Chapelle, il nous a reçu en 1999 avec 2500 à l'heure, puis c'est ici qu'a eu lieu la création de la Tétralogie de Quat' sous des Grooms. Le théâtre est en travaux pour 7,6 millions d'Euros soit 4 milliards de nos anciens centimes.
       

      L'hôtel a du caractère, 119 gde rue. Le patron est sympathique. Les chambres d'amour font partie de l'abonnement.

      Hervée tient à ce que je prenne son chapeau en photo en mentionnant le nom du chapelier qui s'appelle SIRE, à Pamiers en Ariège.
       
      On a 10 chambres sur 3 étages .
      1. 103 : Livchine

      2. 104 : Sébastien Dec

      3. 203: Bernard Goetz

      4. 206: Pancho

      5. 208 : Gouby

      6. 209 : Sylvie Lalaude

      7. 211: Marie Leila Sekri

      8. 215: Catherine Fornal

      9. 217 : Marcel Djondo

      10. 301: Julie Guet

    28.  
      Le premier jour est plein. Ce qui va poser quelques problèmes puisque deux ou trois clients n'auront le temps que de faire une seule passe. Il faut dire que le prix d'accès est de 14 euros pour les non-abonnés. Je reçois 19 femmes, dont 65% relevant de l'éducation nationale. Catherine Fornal a changé sa chambre, elle a installé le lit dans la baignoire. Surprenant.
       
      FR3 vient filmer pour le journal de midi. 2 heures de tournage, pour 3 minutes. Et Radio France Alsace fait un direct.
       

    29. Jacqueline, 60 ans

    30. Annie , 60 ans

    31. Marie France, 45 ans- Cadre bancaire

    32. Jocelyne, 49 ans

    33. Marie jeanne, 76 ans

    34. Brigitte, 54 ans

    35. Béatrice, 47 ans

    36. Mélanie, 17 ans

    37. Julie, 17 ans

    38. Nathalie, 18 ans

    39. Isabelle, 44 ans

    40. Jacqueline, 80 ans

    41. Annie, 56 ans

    42. Pauline, 17 ans émouvante

    43. Danièle, 51 ans

    44. Michèle, 45 ans état de grâce

    45. Hélène, 23 ans

    46. Françoise, 47 ans. Travaille dans l'équitation

  14.  
    Quelques réflexions grapillées.
    Je dis à une de mes clientes: "ce qui s'est passé doit rester notre secret, pas un mot à ton mari". Elle me réplique : "mon mari, je le quitte dans deux mois".
    Une autre : J'en veux encore.
    Jacqueline 80 ans, a cinq enfants, elle est huit fois grand mère, deux fois arrière grand mère. Elle grimpe l'escalier comme si elle avait 30 ans. Je lui demande:"tu es veuve, j'imagine". Elle me répond: "Non mon mari est en bas, il a 81 ans".
    Michèle m'emporte. Belle femme, professeur de lettres de 45 ans. Avec elle, c'est l'état de grâce, elle connaissait le Baudelaire que je lui murmure, mais quand j'ai terminé, je ne sais plus où je suis. J'ai l'impression d'être resté toute la nuit avec elle.
     

    Marcel Djondo se prépare
     
    deuxième jour
     
    1. 2.Irène , 61 ans vendeuse prêt à porter hommes

    2. 3.Michèle : secrétaire médicale. 28 ans

    3. 4.Sandrine : assistante de vie scolaire, 24 ans

    4. 5.Geneviève : aide soignante. 57 ans

    5. 6.Dominique : psychomotricienne. 49 ans

    6. 7.Dési , 55 ans, écrivain

    7. 8.Caroline. 16 ans

    8. 9.Laure : 17 ans

    9. 10.Claudine ; directrice de laboratoire médical 52 ans

    10. 11.Jeannine : femme de chambre 52 ans

    11. 12.Evelyne : Institutrice 52 ans

    12. 13.Estelle : étudiante en physique, 23 ans

    13. 14.Monique : Chercheuse en clinique. 43 ans

    14. 15.Corinne : 40 ans commerçante

    15. 16.Pauline : 17 ans terminale

    16. 17.Christiane : enseignante en psychiatrie pour infirmière 42 ans

    17. 18.Elisabeth : Fait partie du monde culturel strasbourgeois.

    18. 19.Sonia 28 ans , personnel hospitalier

    19. 20.Myriam : 43 ans. Mesureuse médicale

    20. 21.Isabelle : 39 ans Institutrice

    21. 22.Sylvie 42 ans, gestionnaire, éducation nationale

    22. 23.Marthe : 58 ans. Prof de lettres

    23. 24.Valérie : cadre culturel. 35 ans

  15.  
     
    Que de femmes différentes, quel tournis. Quand je demande à Irene de bien vouloir s'allonger , elle me déclare :"non Monsieur, certainement pas, je ne mange pas de ce pain là, je suis venue au théâtre". Ensuite c'est le classique -moi: " tes yeux sont si profonds" - elle : Merci c'est gentil, et tout le long du poème elle dialogue et commente le texte d'Aragon. La présence des deux femmes de chambre me ravit. Car tout le monde connait mon fantasme : un spectacle doit s'adresser à la fois au professeur fin lettré et à la femme de chambre. Très honnêtement les lettrés on en a souvent. les femmes de chambre sont denrées rares.Elles s'appellent Francine et Jeannine. Leur lien est ombilical avec le spectacle car ce sont leurs chambres, elles ont cinquante ans, elles me rappellent toutes deux les personnages populaires de Beaumarchais, elles sont avides de tout voir. Mais je ne connais pas vraiment de miracle ce second jour, pas de cette vraie harmonie que j'adore, mes clientes ne se laissent pas aller, comment l'analyser ? Difficile. Mais merci à Isabelle pour ses bras nus très inspirants, et à l'émotion transparente de Pauline.  
     
    Florian Haby des Dernières Nouvelles d'Alsace écrit :  
    TROUBLANT COMMERCE DES MOTS D'AMOUR. 11 novembre 2004.  
    C'est une certitude, le spectacle n'aura laissé personne indifférent. Pénétrer dans une chambre d'amour est une expérience extrêmement troublante, pas vraiment le genre d'instant dont le souvenir fond comme une barbe à papa sur la langue.  
    Dans le bar de l'hôtel Kaiserhof, grand'rue, transformé pour l'occasion en maison close, Mme Renée mère maquerelle gouailleuse, n'y va pas avec le dos de la cuillère. "Regardez l'étudiant attardé, comme il a l'air benêt, il est pas loin d'être puceau, lui... et l'autre lui, à côté de la blondasse, il ressemble à Bernardo, le copain de Zorro !"Les dames quant à elles sont invitées à "pétiller".La patronne sélectionne les élu(e)s, alors que dans l'escalier se poursuit la noria des professionnel(le)s.  
    Bouleversant ou dérangeant  
    Le temps d'une passe poétique , les acteurs du théâtre de l'Unité glissent à l'oreille de leurs "clients" quelques vers choisis pour eux, dits rien qu' à eux. On y parle de clavicules, , de libellules, de peau, et d'oiseaux. les mots parfois ravissent comme le souvenir fugace d'un baiser volé, parfois bouleversent le temps d'un "je t'aime" innnocemment sussuré, parfois dérangent quand d'anciennes blessures se voient ravivées. "t'as eu lequel ?" gloussent deux très jeunes femmes à leur copine, qui vient de monter". "Celui avec la boucle d'oreille ...waouh souffle -t-elle, les yeux brillants, oubliant presque que l'acteur en question a deux fois son âge et pas grand chose d'un chipendale. "Moi dans la vraie vie, un mec me parle comme çà je l'épouse direct !" "C'est beau, mais j'ai chaud !" résume un homme, les joues empourprées à la table d'à côté.Ah, le pouvoir de la littérature.  
    Un mariage  
    "Il arrive que les effets soient surprenants" confie Jacques Livchine, metteur en scène du théâtre de l'Unité, inventeur parmi quelques autres du théâtre de rue, et déjà à l'origine il y a vingt cinq ans , d'une expérience de théâtre en 2CV."Un soir je récitais à une demoiselle un poème qui disait:"embrasse- moi, embrasse- moi, et elle l'a fait ! Une autre fois un homme est tombé follement amoureux d'une des actrices et a tout fait pour la revoir...aujourd'hui, ils sont mariés !" "Il est bon de rappeler que l'amour , c'est d'abord les mots avant le sexe, sourit Jacques Livchine. Dans une société où la relation humaine se dégrade, cette relation intime d'amour symbolique est plutôt subversive".

Les chambres d'amour, expérience des sens est loin d'être innocente. Du théâtre total.



8 mars 2005 . BOURGOUIN -JALLIEU

Château du Chapeau Cornu à Vignieu

St Chef en Jallieu. 38990

130 personnes. 300 passes.

Jouent : Catherine Fornal, Sylvie Lalaude, Gill Maurer Herde, Marie Leila Sekri, Goobie, Jacques Livchine, Bernard Goetz, Pancho, Marcel Djondo, Seb Dec et Hervée de Lafond + Nicole Rivier à l'accueil.

Le directeur du théâtre Jean Vilar de Bourgouin, Gilles Thorant, décentralise. Nous sommes à 30 kms de son port d'attache dans un château du 18 ème entre Lyon et Grenoble.

Nous sommes tous fin excités. Jouer dans un château ! On a quitté Audincourt le matin même. Les chambres ne seront prêtes qu'à 15 H 30. Bien- entendu il est 13 H 25 à notre arrivée et le restaurant est fermé, il faut repartir à Morestel déjeuner. Petit snack, je me bourre de frites grasses.


La chambre de Gill.

 

Les gens arrivent tôt. La direction de l'hôtel n'est pas très partie-prenante et nous le fait un peu trop sentir. On a tous droit à des remarques. Je suis dans la chambre dîte Comte d'Artois.

Les autres chambres s'appellent Comte d'Anjou, Béatrice de Bourgogne, Catherine de Brazay, Marie de Brienne, Comte de Bavière etc.


Une des inscriptions de ma chambre.

 

Voici mon tableau de route

  1. 20 H 31. Danièle. enseignante 55 ans

  2. 20 H 40 Christiane, Photograveuse. 45 ans

  3. 20 H 49 Valéry enseignante. 44 ans

  4. 20 H 55 Irène, retraitée del'enseignement 70 ans

  5. 21 H 04 . Michèle. Infirmière des "fins de vie" 38 ans

  6. 21 H 13 Marie Jo Mère au foyer . 63 ans

  7. 21 H 22 . Marie Jo esthéticienne. 58 ans

  8. 21 H 52 Michèle documentaliste 57 ans

  9. 22 H 02 Brigitte psychomotricienne 49 ans

  10. 22 H 12 Frédérique, enseignante 44 ans

  11. 22 H 22 Graziella, enseignante 40 ans

  12. 22 H 32 Adeline, éducatrice . 39 ans

  13. 22 H 41 Annick enseignante 42 ans

  14. 22 H 52 Vanessa , infirmière 22 ans

Il est tout de même très curieux que ce soient les professeurs de littérature les plus insensibles à la poésie, ou peut-être les plus protégés .
Sinon c'est la magie, avec quelques instants de grâce, ces regards, cette tendresse, et se dire qu'on ne retrouvera jamais ces créatures qui nous font tant rêver.

Hommage à Vanessa, jeune infirmière à la beauté qui dépasse toute imagination.

Fatigue extrême. Accrochage sur un buffet de charcuterie, que l'hôtel nous facture 100 euros, et que l'on ne retrouve pas à l'issue du spectacle alors que nous l'avons à peine effleuré. Grosse fatigue. petites tensions ici ou là.


 

A l'aller on discute, on est en forme, le retour ce n'est pas pareil.

 



 

18 au 20 août 2005

AURILLAC

On joue à Arpajon, à l'hôtel les Provinciales. Les deux gérantes, Sandrine, le matin Cathy l'après midi, jouent le jeu.

Dans le cadre d'un festival comme Aurillac, ça boume.

C'est plein, tout le monde veut venir. On vit en état de grâce pendant trois jours, épuisés aussi.

Je fais 63 clientes. A mon habitude je note tout pour faire mes statistiques. On ramasse deux articles, 1 dans le Monde et 1 dans Libération + une émission sur Canal + , un article dans la montagne. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu de retentissement médiatique. cela donne confiance.

Rappelons l'équipe des acteurs : Catherine Fornal, Sylvie Lalaude, Gill Maurer Herde, Marie Leila Sekri, Goobie, Jacques Livchine, Bernard Goetz, Pancho, Marcel Djondo, et Hervée de Lafond + Sébastien Vion à l'accueil.

18/08/05

  1. 1.Valérie/ centre culturel de la Rochelle

  2. 2.Séverine : Clermont Ferrand, le bazar ambulant. Cie.

  3. 3.Elsa : stagiaire Bafa . 20 ans

  4. 4.Cathy : 28 ans

  5. 5.Monique : 48 ans Travailleuse sociale.

  6. 6.Françoise : encadreuse du groupe Bafa

  7. 7.Anne Lise : de Paris. prof de lettres

  8. 8.Patricia : Aurillac. social.

  9. 9.Nathalie : 30 ans , vit à Barcelone. travaille dans la culture.

  10. 10.Bernadette : Aurillac. enseignante

  11. 11.Cathy : co directrice de Générik Vapeur

  12. 12.Michèle : Aurillac. enseignante

  13. 13.Corinne : encadreuse de stage

  14. 14.Pascaline : 18 ans. animatrice

  15. 15.Nicole : 50 ans. Hôtellerie

  16. 16.Michèle 35 ans :Mère de famille

  17. 17.Christiane : Aurillac. proviseur de lycée

  18. 18.Brigitte : Aurillac. Pharmacienne

  19. 19.Karine : 45 ans . Directrice du cabinet du maire d'Aurillac.

  20. 20.Cathy 32 ans :Aurillac . Hôtellerie.

Il faut dire qu'en troisième heure, il y avait un groupe d'élus de la communauté de commune. Hervée qui ne reconnait pas le Maire d'Aurillac le surnomme "Canari" ce qui fera beaucoup rire.

19 août 2005

  1. 1.Geneviève : Brioude. 50 ans

  2. 2.Marie Pierre : 45 ans. Anduze. La Poste

  3. 3.Liliane: Cosne d'Allier. Professeur de lettres à la retraite

  4. 4.Hélène : 25 ans

  5. 5.Chantal : 45 ans . la Poste

  6. 6.Marie Louise : née en 39. première adjointe d 'Arpajon sur Cère

  7. 7.Marie Christine : Pharmacienne de Brioude

  8. 8.Evelyne : 52 ans . élève des chèvres près de Bourges.

  9. 9.Françoise : née en 43 comme moi. Retraitée de la Poste.

  10. 10.Florence : Lyon. Architecte

  11. 11.Nina : russe. 44ans .

  12. 12.Emilie : Aurillac. Assistante commerciale

  13. 13.Sylvie : Grenoble . 34 ans. médecin du travail.

  14. 14.Michèle : Le Fourneau de Brest.

  15. 15.Brigitte : 47 ans. Psychiatre.

  16. 16.Isa : agence culturelle de St Herblain

  17. 17.Edwin : 25 ans. danseuse

  18. 18.Audrey: psychologue de Toulouse

  19. 19.Colette : Aurillac. professeur de lettres

  20. 20.Christine : 61 ans. Institutrice de Toulouse

  21. 21.Maud Le Floc'h : Cie Off

 

Très bonne séance. Hervée et Sébastien sont très en forme. Le jeu se fait bien.

20 août 2005

 

  1. 1.Françoise : 45 ans. Paris. social

  2. 2.Fanny : 11 ans, rentre en sixième

  3. 3.Eglantine : 17 ans . Neuilly sur seine.

  4. 4.Delphine : Aurillac. sculpteur

  5. 5.Annie : travaille en maison de retraite

  6. 6.Marie thérèse : Thiers. inspectrice des impôts.

  7. 7.Jo : 65 ans . Auxerre. retraitée

  8. 8.Marylin : Marseille. coiffeuse

  9. 9.Solange : Infirmière. 29 ans

  10. 10.Marina : 23 ans . Marseille. intermittente (décor)

  11. 11.Danièle : du Cantal. Agent hospitalier

  12. 12.Maevus : américaine

  13. 13.Maïté : 67 ans .Psychologue de Biarritz

  14. 14.Caroline : 27 ans . Guide de grande randonnée

  15. 15.Marie : 40 ans . Comédienne du groupe Arsenic

  16. 16.Patricia : 56 ans . s'occupe de malades mentaux

  17. 17.Céline : 35 ans. Alès.

  18. 18.Christiane : de Lyon. Infirmière>. Mère à Aurillac.

  19. 19.Françoise : 32 ans . vente de matériel de laboratoire à Lille. A sa soeur à Aurillac.

  20. 20.Amanda : stagiaire FAIAR

  21. 21.Elsa : 34 ans . administratrice de l'éléphant vert.

  22. 22.Sylvie : 50 ans . Paris. Veut créer un festival de théâtre de rue au Maroc.

 

STATISTIQUES : 11 clients sont d'Aurillac. soit 16%

O% wawache
28% milieu artistique
15% enseignants
14% corps médical
O,O8% retraités
0,04% commerce (coiffeuse, hôtellerie)

Il reste donc 26 personnes soit 42 % qui sont inclassables

1 ingénieur
3 postiers
1 guide de randonnée
2 architectes
1 éleveur de chèvres
3 lycéennes
1 directeur de cabinet du Maire d'Aurillac ( Karine, son épouse )
3 animateurs sociaux
2 animateurs handicap.
1 employée France Télécom

 

Ce qui signifie que :

A) Les gens d'Aurillac fréquentent le festival. 16% ma foi.
B) Le festival In est surtout une occasion pour les professionnels de se voir les uns les autres
C) Le pourcentage assez élevé d'enseignants nous montre que le théâtre de rue comme le théâtre en général fait partie des pratiques culturelles du personnel professoral.
D) Le fort taux de personnel médical, médecin, pharmacien, psychologue, psychiatre est une bonne surprise. Ceux qui sont en contact avec les corps malades viennent se regenérer à notre contact.
E) On note l'absence d'étudiants, l'absence des politiques, des cadres supérieurs, des employées de maison.

 

CHARLEROI (HAINAUT) FESTIVAL BIS ARTS

28 au 31 octobre 2006


 

franchement, ils nous ont fait une belle affiche qui trône à l'Eden

 


 

 

Avenue Pierre Mayence. Charleroi. Ville à la décrépétitude avancée.

On nous dit d'ailleurs que les membres de la mairie sont en prison.

Le Business Hôtel est un "western hôtel". Le personnel se met en quatre mais est un peu déstabilisé, nous occupons 10 chambres au premier , 4 chambres au second étage, mais le salon est de plain pied.

Le directeur du festival est un passionné : Pierre Bole

Le catering se passe à l'Eden, excellent , avec des pâtisseries irrésistibles, du jamais vu.

 

Les pensionnaires

  1. 1.Marie Leila Sekri

  2. 2.Hélène Jouvelot

  3. 3.Gill Herde

  4. 4.Julie Guet

  5. 5.Sylvie Lalaude

  6. 6.Isabelle Sosolic

  7. 7.Bernard Goetz

  8. 8.Jacques Livchine

  9. 9.Gouby

  10. 10.Pancho

  11. 11.Seb Dec

  12. 12.Marcel Djondo

Mères maquerelles : Hervée de Lafond, Nicole Rivier

 

Petite réunion de compagnie.

Faut -il baisser le prix du spectacle donc le cachet des comédiens pour jouer plus ? Comment augmenter la jauge ? Faut il jouer plus vite ? Autant de questions. Gouby avec bon sens nous signale que si l'on baisse le prix du spectacle, donc les cachets et que l'on ne joue pas plus, ce seraient les comédiens qui seraient lésés.

Première séance de Charleroi

Public pas assez nombreux, mais très enthousiaste. les retours sont bons. L'accès aux passes poétiques et de 2 €


La mystérieuse chambre d'amour de Sylvie Lalaude.

 

 

Une femme me dit : c'est trop surprenant.

Feuille de route de la 106

  1. 1.19 H 10 - Anne

  2. 2.19 H 16 : Vanessa

  3. 3.19 H 22 : Elisabeth

  4. 4.19 H 28 : Régina

  5. 5.19 H 34 : Laurence

  6. 6.19 H 40 : Cécile (73 ans )

  7. 7.19 H 47 : Livia

  8. 8.19 H 52 : Schébia

  9. 9.20 H 14 : Monique

  10. 10.20 H 20 : Pascale

  11. 11.20 H 26 : Monique

  12. 12.20 H 32 : Marie

  13. 13.20 H 38 : Marie

  14. 14.20 H 45 : Sabine

  15. 15.21 H 13 : Anne ( mère de Gabrielle)

  16. 16.21 H 19 : Cécile

  17. 17.21 H 25 : Gabrielle ( notre petite Gabrielle Dailly de la caravane passe en A)

  18. 18.21 H 31 : Périnne (27 ans, dite Lolita, une incroyable plante positivée d'énergie

  19. 19.21 H 37 : Nadine

  20. 20.21 H 43 / Ella (invraisembable Polonaise)

  21. 21.21 H 50 : Montserrat (une beauté catalane d'une quarantaine d'année, je luis dis :" tu ne souffres pas d'être trop belle ? C'est une banquière.)

Jacques fait remarquer aux différents reproches qui lui sont adressés de traîner, qu'il fait toujours et depuis toujours 6 Minutes par cliente.

C'est la nuit du changement d'heure. On danse sur la musique des Années 60 jusqu'à 2 heures du matin. je me dis , t'as 63 ans mais l'énergie de Mike Jagger, je cours comme MIke dans tous les sens et danse un rock avec Sylvie.

----------------------------------------------------------------------------------------------------

seconde séance

 


Marcel attend d'entrer en piste

 

 

Il y a parmi les clients des gens égarés. Une femme arrivant de Paris et que le portier, Jo, précipite dans la salle d'attente.

Quand je demande à Bernadette de Chatou , une bonne soixantaine d'années, de prendre place dans le lit, elle hallucine, me dit qu'elle est claustrophobe, je lui explique que je ne vais pas la toucher en dehors de mots poétiques, elle dit qu'elle refuse de se coucher, car elle n'a pas sommeil.

 

Dorazo quant à elle, travaille dans différentes cantines. Elle est d'origine manifestement très populaire, elle aussi découvre avec stupéfaction la chambre transformée en alcove, et pour elle, pareil, il n'est pas question de s'allonger avec un homme, question de morale.

 

Nathalie est une commerçante qui réside à l'hôtel car elle est là pour la foire de Charleroi. Elle se laisse emporter, je devine sa forte sensualité par sa manière d'avaler mes mots. A la fin, elle me lance" ah si seulement mon mari savait me parler comme cela, mon juif de mari" . Qu'entendait elle par là ? Son mari est au bar du rez de chaussée.

 

Rosalie est institutrice , elle est venu avec son gamin âgé de 4 ans qui va faire rire toute l'assistance. Rosalie est d'une beauté à vous couper le souffle. Quand vous avez cette splendide jeune fille, allongée sur votre lit, et qu'il est 21 H 30 et que vous êtes déjà dans un état second, car dire de jolis mots pendant deux heures et demi, cela ne vous laisse pas intact, l'insensibilité dont doit faire preuve le comédien se fissure. Et quand je lui dis "laisse moi respirer longtemps longtemps l'odeur de tes cheveux", je suis au milieu de ses cheveux, et je m'enivre vraiment.


Les clients de la troisième heure, étaient très drôles, il y en a qui dit qu'il veut monter uniquement avec le faisan, allusion au chapeau d'Hervée .

 

 

 

Et voici mon tableau de route

 

  1. 1.19 H 14 : Bernadette

  2. 2.19 H 18 Caroline

  3. 3.19 H 24 : Marie

  4. 4.19 H 30 : Doronzo

  5. 5.19 H 36 : Christine

  6. 6.19 H 43 : Anne

  7. 7.19 H 48 : Conchita

  8. 8.19 H 54 : Anne

  9. 9.20 H 18 : Marylène

  10. 10.20 H 22 : Fanny

  11. 11.20 H 28 : Sylviane

  12. 12.20 H 35 : Véronique

  13. 13.20 H 41 : Sylvie

  14. 14.21 H 17 : Nathalie

  15. 15.21 H 24 : Sandrine

  16. 16.21 H 30 Véronique

  17. 17.21 H 39 : Rosalie

  18. 18.21 H 46 : Anne

  19. 19.20 H 52 : Fabienne

 

A la fin, je suis exténué, je m'allonge quelques instants pour reprendre mes esprits, et aller au restaurant.

 

Troisième séance


photo interdite prise à travers la vitre du salon. On voit bien la ligne des clients qui attendent d'être choisis, et n'osent pas nous faire des signespour qu'on les prenne.

Enfin du monde. Clients très mélangés. Dans le salon c'est assez chaud l'ambiance, Hervée, alias Madame Renée, couvre la clientèle de surnoms ridicules, mais ça marche. Les clients savent à quoi s'attendre, mais c'est encore un choc pour eux, ils restent timides pour la plupart.

Mes 22 femmes

 

  1. 1.19 H 15 : Paule (grand mère remplie de gaité)

  2. 2.19 H 21 : Suzanne

  3. 3.19 H 28 : Thérèse

  4. 4.19 H 32 : Géraldine

  5. 5.19 H 38 : Annick

  6. 6.19 H 44 : Elisabeth

  7. 7.19 H 50 : Bernadette

  8. 8.19 H 55 : Françoise

  9. 9.19 H 59 : Elisa

  10. 10.20 H 20 : Nathalie (la patronne de l'hôtel)

  11. 11.20 H 26 : Marie Christine

  12. 12.20 H 33 : Anne Marie

  13. 13.20 H 37 : Michèle

  14. 14.20 H 42 : Dominique

  15. 15.20 H 48 : Isabelle

  16. 16.20 H 53 : Angélique

  17. 17.21 H 21 : Béatrice

  18. 18.21 H 28 : Céline (12 ans ! )

  19. 19.21 H 32 : Annie

  20. 20.21 H 40 : Béatrice

  21. 21.21 H 45 : Catherine ( une accro, complètement dedans )

  22. 22.21 H 51 :Thulaï ( charmante jeune fille de 18 ans, avec elle, on est parti à Istambul direct, c'est l'amie de David le barman).

 

Et voilà, pas d'artistes, pas de médecins, une pharmacienne, des puéricultrices, des assistantes sociales, des employées des allocations familiales . C'est pour la plupart le contact premier avec le mot poétique. On les sent lointaines au début et peu à peu conquises par le pouvoir sensuel du verbe. Le personnel de l'hôtel est très amusé, nombreux sont les serveurs qui tentent l'aventure.

 

 

CALAIS/ FEUX d'HIVER

27 au 31 décembre 2007


 

style marathon : 3 séances par jour à 14 H, 16 H, 18H

 

Nous ne jouons pas dans un hôtel mais dans la résidence d'artistes des abattoirs récemment restaurés que nous inaugurons en quelque sorte.

Calais : nous y venons régulièrement depuis 2001, année de la soupe populaire et poétique.

Calais : cas unique , une scène nationale fréquentée par la population de la ville.

 

10 chambres :

Plusieurs de nos acteurs habituels sont pris au réveillon de Montbéliard d'où 3 nouveaux et nouvelles.

 

Liste des pensionnaires de Calais 2007

 

  1. 1.Catherine Fornal

  2. 2.Gill Herde

  3. 3.Faustine Tournan : nouvelle recrue

  4. 4.Delphine Branger : Nouvelle recrue

  5. 5.Isabelle Sosolic

  6. 6.Max Bouvard : Nouvelle recrue

  7. 7.Goobie

  8. 8.Jacques Livchine

  9. 9.Marcel Djondo

  10. 10.Sébastien Dec

 

A l'accueil : Hervée de Lafond, et Nicole Rivier

 

CAS DE FIGURE UNIQUE / Il faut traverser la cour du Channel, pour rejoindre la maison close proprement dite.

le 27

Rien que les prénoms racontent le style de nos clients. On peut même dire que la séance de 14 H a été celle des veuves et des handicapés./

 

  1. 1.Denise : née en 38

  2. 2.Michelibe

  3. 3.Nadia

  4. 4.Gwenaëlle

  5. 5.Hélène

  6. 6.Evelyne

  7. 7.Véronique

  8. 8.Yamina

  9. 9.Martine

  10. 10.Paule

  11. 11.Nadège

  12. 12.Corine

  13. 13.Anna Sarah

  14. 14.Nathalie

  15. 15.Chantal

  16. 16.Sylvie

  17. 17.Patricia

Evidemment, la rotation est moins rapide qu'ailleurs, mais dans la mesure où une pause d'une heure sépare les séances , ça passe.


Le couloir rouge qui mène aux chambres

 

les gens ne s'attendent pas à cette forme là , ils sont receptifs mais n'osent pas trop poser de questions. Dans ma chambre, j'ai même l'impression qu'ils écoutent les poèmes en pensant que c'est mon délire à moi. On le sent bien, ils ne connaissent pas Aragon, Cendrars ou Eluard, et c'est tant mieux, car ils écoutent.

 

 

Le 28

 

les places deviennent chères. Il paraît que le spectacle serait très apprécié.

J'ai tout de même encore quelques clientes d'une naïveté incroyable. Elles pensent que c'est une conversation que j'entame . ça donne :

-"la courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur ".

-c'est joliment dit !

" Un rond de danse et de douceur "

- B ien dis donc comme vous y allez !

"Auréole du temps, berceau nocturne et sûr"

- sacré gaillard, ah vous en avez de l'imgination.

 


La chambre de Gil Herde

 

 

Mon tableau de route :

  1. 1.Renée : 14H 14

  2. 2.Virginie : 14 H 22

  3. 3.Josiane : 14 H 29

  4. 4.Carole : 19 H 39

  5. 5.Henriette : 14 H 47

  6. 6.Jeannine : 14 H 58

  7. 7.Anne : 15 H 04

  8. 8.Elisa : 16 H 11

  9. 9.Sylvie : 16 H 19

  10. 10.Marine : 16 H 27

  11. 11.Jacqueline : 16 H 35

  12. 12.Carole : 16 H 44

  13. 13.Sabine : 16 H 52

  14. 14.Julie : 16 H 59

  15. 15.Suzanne : 18 H 12

  16. 16.Josette : 18 H 18

  17. 17.Benedicte : 18 H 28

  18. 18.Valérie : 18 H 37

  19. 19.Brigitte : 18 H 46

  20. 20.Anne Marie : 18 H 56

 

Par moments on a le tournis, une espèce d'ivresse.

Les prénoms racontent les couches sociales : on a les Renée, les Jeannine, les Henriettes, et de l'autre côté on a les Bénédicte, Marine, Elisa

Cette mixité sociale est la marque spécifique du Channel.


Dans ma chambre un tableau de Kinshasa

 

On a fait un point avant de commencer pour que les couloirs ne dégénèrent pas, leur garder un mystère de maison close.

ET on termine par une présentation rapide de chacun, puisqu'il n'y a pas de programme et les gens ont envie de savoir qui est qui. Nicole se met à hurler qu'elle n'en peut plus de Sartkozy et que Bartabas a bien fait d'arracher les radiateurs de la DRAC. Le public très anti sarko applaudit et nous reprenons en choeur "Arrachons les radiateurs".

Je termine à genoux.

Le 29 décembre

 

Comme tous les spectacles sont à 3 €, les gens prennent des places sans savoir du tout de quoi il s'agit . Donc certains vivent des moments surréalistes : engueulade de la mère maquerelle, puis on vient les chosir pour les faire monter.

Tout l'après midi j'ai droit à : "on va où ?" . "qu'est ce qui se passe" "Pourquoi c'est si peu éclairé". Et qand je dis à la personne "allongez vous sur le lit" , je peux dire qu'il y a de l'étonnement dans l'air.

On n'a vraiment pas la composition sociologique du public habituel : infirmière, sages femmes, animatrices auprès d'handicapés, quelques enseignants. Mais aussi des commerciales, représentantes en produits ménagers, des secrétaires, des dames de service. Tu vois le choc : Louis Aragon contre WC Net. Parfois on sent un tout petit peu de BCBG, c'est l'orthophoniste, elle sent bon.

Les femmes défilent et cela donne le tournis de leur faire l'amour en mots :


Je connais mes six poèmes parfaitement, mais pour peu qu'un incident inattendu me trouble, je peux perdre le fil. (Exemple: le rideau de ma porte prend feu, avec Karine on fait les pompiers, la chambre est pleine de fumée). On a étéint, et on termine, j'aère copieusement. Comme tout le Channel est plein de feux partout, personne ne s'étonne.

 

  1. 1.Marie Antoinette

  2. 2.Rose Marie

  3. 3.Elisabeth

  4. 4.Pauline

  5. 5.Fabienne

  6. 6.Laurence

  7. 7.Fati

  8. 8.Françoise

  9. 9.Nadège

  10. 10.Véronique

  11. 11.Marie thérèse

  12. 12.Mauricette

  13. 13.Marcelle

  14. 14.Marie

  15. 15.Karine

  16. 16.Maurane

  17. 17.Sylvia

 

A un moment je sens une femme en plein désarroi, très timide, très coincée, elle me fait comprendre qu'elle n'a jamais connu l'amour. Elle est très troublée et moi quasiment gêné.

 


Le dimanche 30 décembre 2007

 

Promenade dominicale de tous les Calaisiens. Enormément de monde. Il paraît qu'il y a eu des défections incompréhensibles à la seconde séance, sinon, les femmes se succèdent dans mes bras, les unes plus disponibles que les autres.

Certaines hyper frissonnantes et sensibles, d'autres plus froides, mais ce qui nous fait tenir à monter sans arrêt les escaliers, c'est l'étonnement de la cliente, et le moment où on lui dit "la passe est terminéeé et qu'elle en veut encore.

Parfois on tombe amoureux, c'est à dire que dans la pénombre, le visage de l'autre s'éclaire et que nous tombons dans une espèce de fusion étrange, qui ressemble à une espèce d'amour, mais heureusement en principe quand on se redressse et que l'on quitte la chambre, la vie matérielle et raisonnable reprend le dessus.

 

Tableau de route

  1. 1.Martine : 14 H 15

  2. 2.Jeanne : 14 H 23 (elle a quinze ans)

  3. 3.Danièle : 14 H 30

  4. 4.Annie : 14 H 38

  5. 5.Béatrice : 14 H 45

  6. 6.Suzy : 14 H 52

  7. 7.Amélie : 14 H 59

  8. 8.Marie : 15 H 35

  9. 9.Dorothée : 16 H 12

  10. 10.Monique : 16 H 20

  11. 11.Juliette : 16 H 28

  12. 12.Dominique : 16 H 35

  13. 13.Claudie : 16 H 43

  14. 14.Brigitte : 16 H 51

  15. 15.Murielle : 16 H 58

  16. 16.Amélie : 18 H 09

  17. 17.Mado : 18 H 17

  18. 18.Sylvie : 18 H 25

  19. 19.Véronique : 18 H 33

  20. 20.Claire : 18 H 41

  21. 21.Sylvie : 18 H 47

  22. 22.Isabelle 18 H 55

 

Marche régulière. Intervalle de 8 minutes. Je n'ai plus le temps de noter les métiers. Le sommet de l'échelle sociale touchée , ce sont les ortophonistes.


Avec Danièle .

 

On a fabriqué quasiment une nouvelle fin pour ne pas se quitter trop vite, vu qu'il y a une pause de 60 minutes entre les séances, les douze acteurs se présentent, racontent une petite histoire et Nicole s'envole et s'emballe, le public est enchanté.


 

Commentaire de Libération du 31/12/07

C’est l’heure des Chambres d’amour, avec les gens du théâtre de l’Unité, de Besançon. Une généreuse maquerelle en chapeau à plumes engueule tout le monde. On va être choisi, ou pas, pour aller faire un tour avec des dames et des messieurs en rouge, dans les chambres d’amour. «Il faut vous rendre excitants, pétillez, pétillez !» Elle donne un nom à chacun : «Poil de carotte», «le skipper», «le séminariste», «l’abruti», «la vierge Marie», «le ragondin», «la prof d’allemand»… Une petite chambre dans la pénombre, un lit sous des voiles, couvert de lucioles. «Allonge-toi !» dit le comédien. D’accord. Il s’allonge à son tour. «Mets ta tête là !» Ah, là, non. «Mais c’est du théâtre…» Au théâtre non plus, on n’est pas sommé de tout aimer. Il chuchote : «Madame, quel est votre mot, et sur le mot et sur la chose ? On vous a dit souvent le mot, on vous a fait souvent la chose.»

Bonimenteur. Retour dans la salle où la dame au chapeau à plumes distribue les compliments : «Le puceau», «le curé de campagne», «la randonneuse», «la strip-teaseuse»… Deuxième départ vers la chambre. Le comédien ouvre la porte sur un lit bleu : «Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères / Des divans profonds comme des tombeaux.» Annick, c’est la randonneuse, prof à la retraite. On lui a récité Baudelaire : «Un second degré très chouette.»

Haydée Sabeyran

 

N° 36

 

CAPDENAC. HOTEL DE PARIS

21 mars 2008

Dans le cadre du chainon manquant, invitation de "Derrière le Hublot" Fred Sancerre, Delphine et Karine.

 

L'équipe :

 

  1. Nouveau : Samy Guet

  2. Delphine Branger

  3. Faustine Tournan

  4. Sylvie Lalaude

  5. Gill Herde

  6. Marie Leila Sekri

  7. Jacques Livchine

  8. Seb Dec

  9. Goobie

  10. Max Bouvard


et Hervée de Lafond, Sébastion Vion

 


Le patron de l'hôtel s'appelle Samuel Poireau. Jeune et sympa.

 

Bien sûr, on a oublié une malle, celle de la déco des couloirs. Et il manque quantité d'accessoires à Goobie. Trente ans qu'on n'arrive pas à rationaliser notre dépôt de décor.

Il pleut, il fait froid. Conditions idéales pour s'abriter dans nos chambres d'amour. Public bien mélangé. Des habitants et des pros venus au festival.

Particularité : le café est le lieu de rassemblement des équipes de rugby, et de football. Ambiance, atmosphère.

 


 

Comme d'habitude, je note la liste de mes clientes

  1. 1.Marie Jo de Rudelle

  2. 2.George ( 78 ans)

  3. 3.Fabienne de Nouillac

  4. 4.Sylvie

  5. 5.Martine Siorat (La femme de jean Pierre de Lozère que je n'ai pas vue depuis 30 ans)

  6. 6.Nadine de Figeac (Office de tourisme, nous connait d'Aurillac)

  7. 7.Annick de Toulouse

  8. 8.Sylvie (Groupe artifiction)

  9. 9.Marie du Lot (traductrice)

  10. 10.Karine (derrière le hublot)

  11. 11.Yolande d'Auvergne. travailleuse sociale

  12. 12.Odile de Figeac

  13. 13.Aude. céramiste

  14. 14.Odile de Figeac

  15. 15.Emanuelle de Chambéry

  16. 16.Emilie

  17. 17.Emilie de Toulouse

  18. 18.Hélène de Grande Synthe

  19. 19.Laeticia de Capdenac (épouse de Fred)

  20. 20.Nicole d'Aquitaine

  21. 21.Chantal de Figeac

 

J'ai un nouveau Verlaine qui s'ajoute à Aragon, Baudelaire, Cendrars.

Toujours des scènes drôles : celle qui s'appelle George et qui a 78 ans, sidérée de ce qui lui arrive.

et les mêmes remarques : c'est beau, c'est agréable, encore un peu. Si mon mari me parlait comme ça ...

et une autre un peu excitée "j'espère que vous allez me caresser !".

 

MACON SCENE NATIONALE/  ST VALENTIN 14 Février 2009 . N° 37



Laurence Terk la directrice  a très envie que les chambres d'amour se déroulent non pas dans un hôtel mais dans un théâtre. Donc nous occupons douze loges transformées en chambres d'amour avec lit etc. 

Même le bureau de la directrice va être transformé en lieu d'amour. 

Les couloirs sont décorés etc. 

L'accueil se fait sur le plateau. 

Equipe technique très serviable, Michel Robert, Momo, et les autres. 

Les places sont assez chères,  12 € pour les abonnés et un peu plus pour les autres. 

Notre équipe est très en forme.  Nous sommes bien reçus. 

On ne va pas faire le plein, alors on prend notre temps.


Je fais  personnellement 18 femmes/ Je note l'âge estimé, souvent je me trompe, les femmes sont flattées.



19 H 12  : Françoise agricultrice. 45 ans

19 H 20 : Rahila  comédienne nigérienne 25 ans

19 H 28  Nicoletta  30 ans

19 H 37 : Josette

19 H 46 : Jocelyne. Prof de maths

19 H 54 : Philomène. 35 ans

20 H 41 :  Jacqueline . 36 ans. Fonction publique

20 H 50 : Irène  18 ans

20 H 58 :  Monique 55 ans, deux enfants

21 H 08 : Séverine. deux enfants. 25 ans

21 H 17 : Séverine, professeur d'école à Verdun sur le Doubs

21 H 24 : Fabienne . agriculture

22 H 15 : Laurence, directrice de théâtre

22 H 23 : Aminatou. nigérienne

22 H 31 : Bénédict / jeunesse et sport de l'Ain

22 H 39 : Fabienne . 2x30 ans sage femme

22H 49 : Marie Braun / Musicienne




Notre équipe : Sylvie qui vient maintenant de Bordeaux, Delphine de Paris,  Faustine de Paris, Goobie de Marseille, Hervée, Nicole Rivier, Catherine Fornal, Gill Herde, Bernard Goetz, Isabelle Sosolic,  Pancho, Max Bouvard, Marcel Djondo, Jacques Livchine.


ça fait 14...Par flegme parfois je ne mets que les prénoms.






Faustine sur les starting blocks







Franchement, cela se passe bien, mais on ne dira pas que c'est mieux que l'hôtel. Mais on voit que les abonnés de la scène nationale sont très contents de savoir tout ce qui se passe derrière la scène.



On mange sous la scène, c'est agréable de ne pas chercher un restaurant et de se presser à cause de l'heure.




 


Franchement, la première page du journal c'est sympa


L'article de Marie Salerno 

 Que les mots d'amour sont doux, murmurés à l'oreille 

Mais c'était un guet-apens délicieux dans lequel on retomberait volontiers une seconde, voire une troisième fois ! Car en ce soir particulier, toutes les pièces de la maison ont été transformées en « chambres d'amour ». 

Et l'ambiguïté s'installe dès l'introduction du public dans les lieux. Le grand plateau, emmitouflé de grands rideaux noirs, aux lumières tamisées, est devenu le salon d'attente de Mme Renée. On vous sert un verre, d'alcool ou de jus de fruit, on vous fait patienter. Et Mme Renée, maîtresse-femme à l'énorme chapeau à plumes, secondée par une fidèle Clémence, vous examine et aussitôt, vous affuble d'un sobriquet, toujours ridicule : «grand dadais », «professeur », «puceau », «chef-scout », «pistache » ...

 le ton est donné. On rit beaucoup, mais c'est surtout pour cacher l'embarras et l'inquiétude ? Que va-t-il se passer ? Que nous arrive-t-il ? 

Simple : des « pensionnaires » de la maison, tout de rouge vêtus, viennent nous choisir. 

Alignés en file indienne devant tout le monde, il nous faut supporter les commentaires caustiques de la tenancière et espérer être choisi pour vite fuir cette exposition. 

Et puis vient Marcel, qui m'attrape et m'emmène vers l'inconnu. « Quel est ton nom ?». «Marie ». «Marie, je t'emmène dans ma chambre, que j'ai décorée exprès pour toi toute la journée ». 

Bête, je sais bien que c'est totalement faux mais je me laisse convaincre. La porte s'ouvre, des tentures africaines tapissent les murs, cachent le plafond. Un grand lit trône n'attendant que deux amoureux. Pff, il fait très chaud, d'un seul coup ! «Allonge-toi sur le lit » m'invite Marcel. Je m'exécute, non sans un soupçon d'inquiétude. Suis-je bien au théâtre, en compagnie d'un comédien ou ... Marcel s'allonge également, très, très près de moi. Je ferme les yeux, je sens ses doigts sur mon visage et sa respiration appuyée balayant mon cou. 

Les mots coulent, les images se dessinent, un curieux frisson me chatouille le bas des reins ... Comme c'est doux, pourquoi mon amoureux ne me parle-t-il pas comme ça, lui aussi ?

 Le poème terminé, Marcel se lève et promet un petit cadeau. Il décroche une liane de raphia qui marquait l'entrée de la chambre, m'en entoure le poignet en m'ordonnant de ne jamais m'en séparer. « Tu diras que c'est le cadeau d'un amoureux ». Je suis aussi naïve qu'une adolescente, je lui promets. Est-ce que demain, sous la douche, je l'enlèverai ?


 


SUITE DE LA TOURNEE

 

 

Retour au dossier chambres d'amour


 

.

.

.

.