NUITS  UNIQUES   A CHALON DANS LA RUE

 

  Nuit Unique à Marseille                         

Nuit  :  Préparations, fabrication


                 20, 21,22 juillet  2017. Chalon dans la rue.



23 H à 7 H  du matin


Jauge 200 : c’est plein à chaque fois.


L’idée de mettre des spectateurs assis dans les gradins était mauvaise, on réintègre ces spectateurs dans l’espace matelas.




Un expérience étourdissante exceptionnelle et qui nous dépasse.

Car nous n’avons pas la sensation de celui qui fait sa nuit en pointillé, qui s’endort se réveille.


Merci à Phil Lovy pour ses photos









La première nuit il y a eu  des touristes qui se sont dits, on reste une heure ou deux pour voir. Donc ils sortent et cela nuit à l’atmosphère.


Mais ensuite, ce sont des très motivés et passionnés qui suivent la nuit jusqu’au matin


et Fabien Granier raconte tout cela mieux que nous ne saurions le faire


écoutons le :




C'était dur en arrivant à Châlon. J'étais pas sûr de vouloir revenir. La dernière fois, c'était plutôt pas une réussite. J'avais laissé passer du temps, tu vois. Alors quand je suis rentré dans la ville, et que j'ai vu Bastion Haut quasi vide. Le parc Georges Nouelle presque désert. Ça m'a fait un croc-en-jambe. Je savais que ça avait diminué. C'était forcé. Coups de boutoirs à répétition. Le plus magnifique festival de France a fini par se dissoudre. Tout s'est dissout, d'ailleurs. Partout. Tellement lamentablement, et dans une telle apathie, que j'ai fini par renoncer l'année dernière. Terminé la comédie. Terminé le spectacle. Terminé. Je ne sais plus comment lutter. Je suis redevenu un spectateur. Qui court après les quelques bribes que ceux qui nous dirigent ont laissé en pâture à notre intelligence. À notre sensibilité. À la propagation de l'art.

Putain, ce cafard, je te jure.

J'y voyais pas bien beau, cette édition.

Et puis tu sais quoi ? Par surprise, grâce au prosélytisme de Milou, je me suis retrouvé à vivre le truc le plus incroyable qu'il m'ait été donné de vivre ces dix dernières années.

Attends, je te raconte.

T'es convié dans un gymnase vers 23h. On t'allonge dans des boudins de plastoc. Ton corps s'enfonce. On te prévient : t'en as jusqu'à ce que le jour se lève. Au milieu, y'a Fantazio. Et sa cascade de mots. Et son gros violoncelle. Et des actrices. et des acteurs. Et puis y'a Jacques, et Hervée. Et t'es bien. t'es bien reçu. On te conforte. On te parle doucement. On t'accueille. T'es le bienvenu. Si tu t'endors : pas grave, mon gars. Tu choperas ce que tu choperas. On est pas là pour être les plus intelligents. On est juste là pour partager des bouts d'humanité. Rien de plus.

Bin moi j'ai pas dormi. Enfin presque pas. Tellement ces sept heures m'ont propulsées au pays du spectacle parfait.







Ça dit du Michaux. Et puis du Proust. Et du Cendrars, bien sûr. Tu pars à Kharbine. À Hanoï. A Paris. Dans le pays Basque. Chez les fous. Chez les morts. Mais tout est doux. Tout est tranquille. C'est un voyage tranquille. Paisible. On t'assène rien. Et puis y a ceux qui dorment. Ceux qui se marrent. Ceux qui se lampent à petit coup des godets de rhum électrique. Ceux qui pleurent. Ceux qui se taisent. Ceux qui murmurent les chansons. Ceux qui frissonnent au coeur des chants polyphoniques. Dont celui là, putain, ce chant bulgare qui t'escalade la colonne pour se planter droit dans ton front. Une femme attends son amour au milieu de la forêt. mais son amour ne vient pas, alors elle fout le feu. Mais son amour ne vient pas plus. Et la forêt a brûlée.

De temps en temps, une image te cueille. T'arrache le coeur de la poitrine. Puis te repose. Transi.

Je me suis assoupi une petite heure. Vers la fin. Quand j'entrebaillais la paupière. Je voyais des grands drapeaux. Des corps serrés. Fantazio dans sa transe. Une actrice en sanglot. Un spectateur qui passe en se brossant les dents. Puis je fermais les yeux à nouveau.

Je me suis réveillé ce matin, vers 6 heures. Lentement. Gentiment. Tellement plus rempli que quelques heures avant. Bouleversé. Les sens à mille. L'imagination à dix mille.

Heureux. Putain. Je voulais tous les embrasser.








Le Théâtre de l'Unité, c'est les papis. La troupe existe depuis que les rues ont été inventées. Et bin tu sais quoi : ils n'ont jamais cessé de se réinventer. De prendre des risques gigantesques pour que toi, et puis moi, on se fasse offrir de telles génuflexions. De tels cadeaux d'amour et de tendresse. De mots taillés dans de l'émotion pure. Ils sont là. À la pointe.

Et moi, qui ne m'attendait pas à vivre ce cadeau, surtout au coeur de ce festival amputé, je suis parti heureux. Rasséréné. A bloc.

Il y a encore de la place.

Elle est dure, cette place. Dure à prendre. Il se faut se bagarrer, souvent. De plus en plus. Tenir bon.







Mais elle est là, cette putain de place. Pour la poésie. Pour la création. Pour l'amélioration de nous tous. Individuellement et entre nous

Je suis sorti en plein Zénith. Le soleil ne dardait guère. Et les cafés traînaient un peu. J'ai arpenté la ville avec Milou, suivis par une interminable traîne de souvenirs qui brinquebalaient derrière nous. On a pas su quoi se dire. Quoi dire aux gens. Je ne le sais toujours pas d'ailleurs.

C'était unique. C'est le nom du spectacle, d'ailleurs.

La nuit unique.

Un truc à relancer la machine.

Enfin, bref. Il faut y aller Le voir. Le vivre. Et surtout, toutes et tous : il faut le programmer ce spectacle. Le faire venir chez vous. Les accueillir. Le faire tourner.

Il faut que ça vive. C'est trop important. Précieux. Vigoureux.

Je repars bien guéri. Les rues sont toujours pâles. La foule bien moins foulesque. Du mal a été fait. Et c'est tragique.

Mais je suis en train de me dire que ça nous a peut être pas tout à fait eu raison de nous tous !







LA NUIT UNIQUE



une proposition du théâtre de l’Unité


avec


Julie Cazalas,

Ludo Estebeteguy,

Fantazio

Catherine Fornal,

Garance Guierre,

Hervée de Lafond,

Jacques Livchine,  

Charlotte Maingé,

Léonor Stirman,

Lucile Tanoh.


David Mossé aux lumières,   Erik Billabert  au son


Claudine Schwarzentruber et Estelle Chardon à l’administration.


Résidences  à la Transverse de Corbigny  et  Lieux Publics Marseille,


N’oublions pas la Drac qui soutient  l’Unité à travers les 3 Oranges , la Région BFC,  la ville d’Audincourt  qui nous héberge  et l’agglomération du Pays de Montbéliard qui met à notre  disposition le château d’Herimoncourt.




Un autre très bon article


de  Mathieu Dochtermann Toute la culture.com


Avec Nuit Unique, le Théâtre de l’Unité a offert à 600 spectateurs privilégiés un théâtre expérientiel, une aventure d’une nuit entière jusqu’au petit matin, une traversée nocturne, onirique et poétique, qui n’a pas oublié que la nuit est le temps des fantasmes, de l’amour et de l’érotisme, mais aussi celui de la poésie. Magique et inventif, foisonnant autant que subtil : un magnifique cadeau de théâtre. A voir absolument.

★★★★★











Le Théâtre de l’Unité n’en est pas à sa première expérimentation : on pourrait même dire que c’est sa marque de fabrique que de plonger le spectateur dans l’inattendu, pour mieux contourner ses défenses et surprendre ses habitudes. Décaler le regard, immerger, faire vivre autre chose, un autre théâtre, autrement. Une recherche constante, habile, généreuse aussi, que Hervée de Lafond et Jacques Livchine mènent depuis maintenant quelques décennies. C’est de ce laboratoire vivant, de cette expérience riche et diverse, qu’est né Nuit Unique. C’est dire si toutes les conditions étaient réunies pour que ce spectacle soit une réussite.

Et sans davantage ménager le suspense, on doit se rendre à l’évidence : c’est effectivement un spectacle beau, intelligent, immersif, poétique, singulier, qui ouvre là ses bras aux spectateurs qui ont la chance d’y trouver refuge pour une nuit. Une œuvre surprenante, un marathon où la fatigue est un ressort au cœur même du spectacle, pour les comédiens comme pour les spectateurs: le glissement vers les accidents, le surgissement de la spontanéité, la concession de la vulnérabilité, l’inexorable débouclage de l’inconscient à mesure que les paupières s’alourdissent et que la conscience sombre.

Dans le noir, des étincelles.

Par moments, la poésie surgit, celle qui caresse l’oreille avec des mots, qui vient se superposer à cette autre poésie qui est l’âme vive du spectacle vivant. Les vers peuvent surprendre le spectateur à n’importe quel moment, lus au micro, pour toute l’assemblée, ou murmurés à l’oreille par un comédien ou une comédienne qui viennent les y déposer avec mille précautions. On entend Rimbaud, Cendrars, Michaux… la littérature est du voyage.

Par moment, des histoires se coupent et s’entrecoupent, se mêlent et s’entremêlent, récits de vie filés ou saynètes isolées, qui tissent ensemble comme un réseau d’images confuses mais dont on n’attend rien d’autre qu’une succulente rêverie, ce qui n’exige en aucun cas l’unité ou la continuité. Comme un leitmotiv lancinant reviennent les souvenirs d’Hervée de Lafond, sa nostalgie d’une enfance passée au Vietnam. Les nems comme fil rouge d’une oeuvre qui ne veut pas trop se prendre au sérieux.

Par moment, on est réveillé, piqué au vif par l’érotisme d’une proposition qui soudain surgit, comme cette scène délectable de Dom Juan déclamée par six comédiens et comédiennes dans le plus simple appareil.

Par moment, la musique vient cueillir les spectateurs au creux de leur hamac, musique entraînante qui insuffle l’énergie de résister une demie heure de plus au sommeil, musique apaisante qui convoque l’assoupissement et le départ vers les contrées du rêve. Des chants d’autres pays viennent susurrer leur nostalgie aux dormeurs inconscients, tandis que le long de l’échine des spectateurs éveillés se glissent quelques frissons.

C’est à un voyage que le public est convoqué, un voyage en très bonne compagnie, un voyage qui pourrait sembler statique mais qui sera en réalité très lointain, car rien n’est plus exquis ou plus exotique que les paysages brumeux de notre monde intérieur, et que c’est bien à les explorer que le Théâtre de l’Unité nous invite…

Une très belle idée, une exécution marquée du sceau de l’audace et de la générosité, une mécanique gigantesque mais bien huilée, du talent à ne plus savoir où donner de la tête. Rarement découcher n’aura été aussi enivrant!


Diverses réactions reçues


Stéphanie  Ruffier . Théâtre du blog  3 juin 2017


La Nuit Unique, mise en scène du Théâtre de l’Unité

Posté dans 3 juin, 2017 dans critique.


©Stéphanie Ruffier

La Nuit Unique, mise en scène du Théâtre de l’Unité

 

Nous sommes au royaume du vrai-faux. Ou du faux-vrai. Comme Alcandre dans la grotte platonicienne de L’Illusion comique de Corneille ou le Roi Basile dans La Vie est un songe de Calderon, le Théâtre de l’Unité nous convie à une expérience philosophique grandeur nature. A peine un spectacle : la vie-même.

Cela débute à vingt-trois heures, dans le grand hangar de Lieux Publics et traite de la porosité troublante entre nos existences, nos fantasmes et le théâtre. William Shakespeare l’affirme dans La Tempête et toute son œuvre l’illustre : « Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil. » Pour le confort, ce soir-là, la paille, testée à Calais, a été troquée contre des hamacs en plastique rouge, soit des rangées d’une centaine de berceaux en forme de lèvres.

 L’idée était née lors d’une édition des Ruches, ces ateliers-laboratoires qui ont lieu chaque printemps à Audincourt , tout près de Montbéliard (voir Le Théâtre du Blog) : et si on organisait un voyage au bout de la nuit ? Ce serait, comme en train, une sorte de rêve éveillé, entrecoupé de voix, d’images, d’assoupissements et d’éveils… Les premiers tests s’avèrent concluants : les cobayes, même profondément endormis, n’en sortent pas moins ravis. Ainsi est née cette Nuit Unique, étrange machine à rêves qu’ Hervée de Lafond et Jacques Livchine rodent cette année.

 C’est bien à un transport en commun que nous sommes conviés : une traversée nocturne et collective. Des hôtesses en livrée rouge, qui nous rappellent les Brigades d’Intervention Théâtrale de ce même Théâtre de l’Unité, installent en douceur les passagers. A chacun d’entre nous, sont distribués: un abricot, une bouteille d’eau et un doudou pour viatique. Nous sommes prévenus que nous pourrons nous endormir et que cela ne nous sera pas reproché.

Permission paradoxale : c’est là le coup de génie de l’Unité. Les spectacles fleuves, tout festivalier connaît. Récemment à Avignon, des mises en scène comme celles de Thomas Jolly (Henry VI, en dix-huit heures) et Julien Gosselin (2.666, en onze heures trente), nous avaient déjà accoutumés aux représentations d’une très longue durée. Ici, il s’agit d’autre chose, d’une recherche du discontinu, du perlé, d’une exploration des différents cycles du sommeil. Le public cultive une présence-absence, un être-là… sans être las. Et, comme dans la philosophie de Martin Heidegger, la faucheuse rôde. C’est aussi un «être vers la mort» dans un univers où, quoiqu’il advienne, avec ou sans vous, le spectacle continuera …

 Dès les prémices, surgit une question : qu’est-ce la nuit, pour vous ? Les réponses  sont lues : une parenthèse, un désir, un apaisement, une autre temporalité, un moment poétique… L’on s’aperçoit vite que la demande pourrait tout aussi bien concerner notre rapport au théâtre. Que venons-nous y chercher? Un repos, un apaisement, une échappée belle, une communion, un (r)éveil ?

Difficile de raconter cette longue nuit, faite tour à tour, de fulgurances et d’effilochements. Chaque heure, égrainée par un tintement de cloche, a sa couleur. Les thèmes collent au plus près de nos vies avec l’amour, la mort, le rêve, le cauchemar, les obsessions: omniprésents. Deux univers surtout reviennent de loin en loin et contaminent l’ensemble. Premier fil rouge : la nostalgie du Vietnam chez Hervée de Lafond: son enfance, la torture de sa nourrice, la mort du frère (puissant moment), le retour anniversaire. Ils défilent sur le grand tapis central. Très loin ou très près.

Sur une tablette, apparaît une vieille photographie, avec ses visages en noir et blanc. Dans l’obscurité, un odeur des nems réveille une cinquantaine de voyageurs et des images émergent avec force : drapeaux rouges de la révolution à Hô Chi Minh, file de nénuphars surmontés de chapeaux pointus … Et puis, il y a l’exhibition de l’intime : la marotte de Jacques Livchine qui met littéralement en scène l’obscénité, au sens étymologique du terme, l’extime, dirait-on en littérature : entrelacs d’amours,  bizarreries personnelles, et attirances pour l’autre, la femme désirée, désirante, celle qui joue avec la limite…

L’intime, donc, convoqué avec son lot d’accumulations à la Jacques Prévert ou à la Raymond Queneau: liste hilarante des courses de Catherine Fornal, celle des médicaments et des oublis, litanie touchante des amants de Lucile Tanoh… On devine la personnalité des neuf comédiens-musiciens, à travers un subtil tissage de réel, de fiction et de biographique.  Des univers portés et traversés par le chant, la musique, les textes de théâtre, de poésie et les langues étrangères.

Les Chochottes: Garance Guierre et Léonor Stirman, duo à l’indéniable talent comique qu’on a vu dans Le Parlement (avant-dernière création du Théâtre de l’Unité) sont ici plus lyriques et plus graves. Fantazio, à la contrebasse, assure un humour grinçant. Les mots-fusées d’Alejandro Jodorowsky, Blaise Cendrars, Henri Michaux, Arthur Rimbaud… surgissent.

Charlotte Maingé et Ludo Estebeteguy font renaître de grands dialogues tragiques. Grâce à un beau  travail des lumières, s’enchaînent de façon exquise de faibles apparitions fantomatiques et de grandes fresques cinématographiques. Superbe persistance rétinienne de ces Elvire nues en grand équipage, ces robes de mariées qui s’agitent, ces explosions du rouge de la révolte…

 Bien sûr, tout n’est pas égal dans ces huit longues heures, et on n’entend pas tout. La position couchée est parfois inconfortable mais embarquement immédiat: un voisin de hamac s’endort pendant la berceuse russe du premier quart d’heure mais sera très attentif au petit matin. Les bras profonds de Morphée retiennent beaucoup d’autres entre quatre et cinq heures… Qu’ils sont touchants ces visages offerts… Tout tient à l’équilibre fragile du lointain et du très proche, des solos et des scènes de chœurs qui emportent. Parfois, nous distinguons comme une transhumance dans les alpages, là-bas, derrière les murs. Ou, comme dans Les Chambres d’amour, un ancien spectacle du Théâtre de l’Unité, on nous chuchote des mots au creux de l’oreille. On baigne littéralement dans la poésie de la vie. Mais on n’oublie jamais tout fait sa prose : les corps se manifestent avec les affreux et incessants couinements des hamacs en plastique,  une des plaies de la nuit.

 Cela se termine dans la solitude, comme dans le Transsibérien : la relation spectateurs-artistes est cultivée mais il y a peu de communication horizontale et les voisins de hamac resteront des inconnus. A six heures : réveil et occasion de partager le grand rangement (quelle sidération de voir s’effacer si vite toute trace de notre passage !). Suivra un petit déjeuner où l’on peut partager le pain, avec les compagnons d’une nuit.

 Pour certains, le spectacle a été vécu comme une réminiscence de l’enfance : on se souvient, petit, quand on s’endormait dans une fête d’adultes battant son plein. On ne comprenait pas tout, mais on se laissait bercer par un flux chaotique de mots, d’images et de sons. Eclats de rires, bribes de conversation, mélodies.

Pour d’autres, c’est tout simplement notre monde en miniature : baigner dans son absurdité, ses saillies, ses micro-événements, son grand courant et ses voies impénétrables. Une chose certaine : une belle performance des comédiens ! (« Je suis au bout du nem » clame Fantazio près du final.)

 On ne s’ennuie jamais dans la houle de ce bain nocturne qui convoque la rêverie : on peut s’absenter, au sens propre et au figuré. Surtout, comme un ricochet, l’expérience se diffuse en vaguelettes dans le quotidien qui suit. On passe la journée à mieux percevoir les belles images, le sublime et le grotesque de chaque instant. Tout chante à l’oreille. Les couleurs du jour sont rehaussées et les mots triviaux se font poème.

Et si on vivait plus de façon plus intense ? Une voix me hante, qui m’a chuchoté au petit matin : « Depuis hier soir, je songe à vous éperdument. Un désir insensé de vous revoir, de vous voir tout de suite, là, devant moi, est entré soudain dans mon cœur. ( … ) Ne le sentez-vous pas, autour de vous, rôder, ce désir, ce désir venu de moi qui vous cherche, ce désir qui vous implore dans le silence de la nuit ? »… l’ai-je rêvée ?

Stéphanie Ruffier

Spectacle vu le 23 mai, à Lieux publics, 225 Avenue des Aygalades, Marseille XVème. T: 04 94 03 81 28.



Nathalie Mielle


Olalal, je ne m'en remets pas de cette nuit chalonnaise. Un moment suspendu, rare et précieux que je garderai dans mon coeur un long moment sans savoir si c'était réel ou rêve. J'ai écrit aux comédiens pour leur dire ma reconnaissance de ce moment intense et partagé passant du rire au larmes avec une intensité magnifique dont vous seuls avez le secret de fabrication. Je vous embrasse fortement et tendrement, with love


Pascale Leray


Pour ceux qui s'apprêtent à vivre l'expérience magique de la Nuit Unique,

Un conseil...résistez au sommeil, ne dormez pas !

À mesure que la Nuit avance, les heures deviennent plus belles, intimes, intenses, traversées d'images, de chants envoûtants, de poèmes, de bribes de vie émouvantes.

Au coeur de la Nuit, la fatigue, comme une ivresse légère, libère les corps et les voix des comédiens ; fermez alors les yeux quelques instants pour mieux ressentir la vibration des mots et des chants, mais rouvrez les bien vite de peur de manquer la magie du voyage!

Au matin, heureux et fatigués, vous partagerez sentiments et petit déjeuner avec les comédiens de l'Unité.



Thierry Voisin  de Télérama


Nuit unique, du Théâtre de l'Unité. Une nuit blanche de 8 heures pour voir à l'œuvre les deux trublions qu'on aime tant, l'attachante Hervée de Lafond et le taquin Jacques Livchine  et leur troupe formidable. Quelle prestance ! Une nuit magique pleine de surprises, de textes déclamés à haute voix ou murmurés à l'oreille, de contes invraisemblables, de confidences sur la vie des uns et des autres... Ça y est, j'en ai trop dit ! Il faut tenir les 8 h, ça n'a aucun sens de rester qu'une heure ou deux. Il est permis de dormir. Des doudous sont même distribués à ceux qui ont besoin de câlin. Petit déjeuner servi au petit matin. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...


Florine Chevrolet


Le jour se lève sur la Nuit Unique ! Un rêve collectif étrange, avec le bruit de la mer en fond et la sensation d'être à nouveau fœtus. Merci le théâtre de l’Unité de nous avoir enfanté ce matin...


Lucile Chesnais 


poétique magique féérique mystérieuse inconnue je plane toujours autant depuis jeudi et j'ai ses flashs comme un rêve...merci pour ce beau moment et pour la performance de tout le monde vous étiez beaux et exceptionnels


Edith Rappoport


Impossible d'écrire à la hauteur du spectacle !


Margo chou : 


Je crois que là, ça  m’a stimulé une connexion du cerveau  ou une sensibilité 

Je sais pas si c'est ce que j’ai  vu de la nuit ajouter à l idée de la nuit, de la performance gratos de jouer pendant 9h

Il y a plein de choses qui sont mises bout à bout qui sont pas importantes,  petites,  intimes et qui finissent par bousculer

Le bruit des couteaux de Hervée  pendant une tchatch c est cool, y a une espèce de vie qui se ressent à ce moment là

Au bout de 2h, j'ai commencé à me sentir dans un lieu commun où ça  vit, ça  se parle, ça  prépare à manger, ça  dit ... en considérant les dormeurs. Comme un grand wagon, comme un lieu de repli   comme un hôtel différent qui joue à te faire vivre une ballade.