Les dessous de la création

 
 
 




les dessous

d'une création partagée

de février à octobre 2011

une

exclusivité

MJC Berlioz

Théâtre de l'unité

en 2004

une intervention éphémère

du duo d'artistes Bruni et

Babarit fut un des éléments 

déclencheurs pour un retour

au jardin.

Quatre ans plus tard, une

rencontre conférence avec le

paysagiste Gilles Clément

ravivait la réflexion sur les

projets de jardins collectifs

sur le quartier et permettrait

d'interroger la place de la

nature dans la ville.

« Les cendres de Mortel !

serviront de fumure organique

aux plantes et légumes du

prochain potager collectif »

Daniel Hebting, directeur de la MJC Berlioz

sud-ouest 06 oct 2011

confidentiel

De : Jacques Livchine

Envoyé : mercredi 19 octobre 2011 16:16

À : Jean Michel Fragey

Objet : A envoyer à toute ta liste et aux plasticiens

A VOUS TOUS !

C'est comme un poids, cela nous pesait de ne vous avoir pas encore

écrit, vous tous, qui avez été les formidables artisans de MORTEL ! 

Dire tout ce qui nous a  plu, la liste est trop longue. 

La force de votre élan collectif nous a étonné, l'addition de toutes les

énergies, de toutes les motivations de gens de tous âges, de tous milieux,

tous différents, mais remplis du désir d'en découdre avec la société, montrer

ce qu'il est possible de faire en dehors de la  morne banalité  du quotidien.  

Une manière de  dire Nani,  une manière de résister à la société de la

laideur, une société  des fausses valeurs. 

[…] Le chemin n''était pas évident, 

il fallait apprendre à se comprendre, 

mélanger nos couleurs. 

Il fallait harmoniser nos méthodes. 

Parfois on frôlait le précipice. 

Nous appliquions notre adage : "pour trouver il faut se perdre".  

Cela vous faisait peur, mais vous avez été héroïques, tous ensemble. 

Comme on dit en Suisse,  pas loin de chez nous,

vous nous avez déçus en bien. 

Jacques Livchine,  metteur en songes    

Hervée de Lafond, grande ordonnatrice.   

Nous voulions une fête unique,

une fête des imaginations débridées,

une fête qui laisse des traces,

une fête poétique.

J+5

jour

s

De : Daniel Hebting

Envoyé : dimanche 23 octobre 2011 09 :39

À : info@theatredelunite.com

Objet : daniel berlioz

Bonjour Hervée, bonjour Jacques,

J'ai beaucoup aimé les dix derniers jours, le moment où l'alchimie se fait,

où les énergies se rencontrent, où rien ne peut arrêter la dynamique. Et

puis le lendemain et le surlendemain, pour le rangement, beaucoup de

monde,  c'est un signe. J'ai eu un peu peur, lors de la journée, je retrouvais

l'ambiance sympa, des festivals "Rêve de ville", même si elle était parfois

troublée par les interventions des BIT. J'aurais préféré des cabanes plus

habitées, avec un jeu plus pro, peut être plus d'intervention extérieures.

Mais j'ai vraiment apprécié le changement de ton, ce frisson, cette

inquiétude fortement présente dans le public amenés par Jacques. J'ai peu

vu les "vieux casseurs" car absorbé à réparer leurs premiers dégâts et puis

la première  cabane en feu, les phrases qui se dévoilent quasiment dans

les flammes... bravo. A ce moment là il y avait tout.

Une phrase est restée face à la mjc: "l'art éphémère se grave dans

l'imaginaire". Je crois beaucoup à ça. Le lieu, l'équipe, les gamins ont

aujourd'hui ça inscrit en eux et je suis sûr que nous minimisons les uns et

les autres ce que ça va laisser comme traces.

Ici beaucoup de fierté d'avoir mené tout ça, des bénévoles, des plasticiens

et  des salariés. […]

Jacques, tu te demandes dans un billet s'il existe d'autres Berlioz. Je suis

persuadé qu'il y en a des centaines qui ne demandent qu'à émerger ou à

être révélés. La question est de savoir sil y a des artistes, des compagnies,

qui sont prêts ou aptes à  relever ce défit. La deuxième question c'est de

savoir comment mettre tout ça en résonance.

Bisous à vous deux

Daniel

l'art éphémère

se grave dans l'imaginaire

Nous sommes invités à bâtir un projet. Il est 11 H du matin, nous avons quitté

Audincourt à 5 H 30.

Mais alors voilà...

Ce qui s’est passé tient de l’ordre du mystique.

Parce qu’à peine entré dans le pavillon qui teint lieu de MJC,

je m’exclame : « ouh là là, ce lieu a de l’âme ! ».

Daniel Hebting le directeur nous explique le contexte.

Il nous parle d’urbanisme, de paysage, de jardin, des humains qui habitent ce

quartier...

Hervée demande : “tu attends quoi de nous exactement” ?

Pas de réponse.  On fait le tour du quartier.

On a l’impression que la MJC est partout.

“Daniel, nous aimons les défis, jette nous un défi”.

« Là d’emblée je suis bien, je suis chez moi,

j’ai confiance. Je suis gâté. » Jacques Livchine

un espèce de sentiment

un peu rare...

NOTE AUX LECTEURS

La plupart des écrits de cet ouvrage sont tirés du journal de bord de

Jacques Livchine paru sur le site www.theatredelunite.com. Nous

trouvions aussi important de vous faire part de quelques mails privés,

afin de découvrir pleinement les dessous d'un tel projet. Bonne lecture,

bons souvenirs. JM Fragey, réalisation et conception graphique.

mardi

1er

février

Que des belles personnes,  Julia, Melinda la Portugaise, Roselyne la

cuisinière,... Un environnement humain,  incroyable.

« Mais nous là- dedans ? On interviendrait  où ? »

Il doit être 17 H et enfin Daniel nous emmène en face

de la MJC  et dit « là ».

« Là ?  oui, là »

« Sur cette friche ?

Oui sur cette friche.... »

Alors l’angoisse monte...

Comment avoir la moindre idée  ?

Nous réclamons une pause.

J-9

moi

s

Je propose une méthode de travail, on dort tout de suite une

demi- heure, et normalement après tout ce qu’on a vu, on a de

quoi rêver, et on va voir apparaître le filigrane du projet.

Hervée : “je n’aime pas décevoir des gens que j’aime”.

Réveil : « t’as vu quoi ? » 

Jacques : « j’ai vu des cabanes »

Hervée : « des cabanes ? »

Jacques : « la cabane c’est porteur, c’est enfantin, tout le monde doit

fabriquer sa cabane, on fait un chemin de cabanes, une ribambelle de

cabanes,...»

Hervée : « oui, je sens mais il manque quelque

chose. Ça y est j’ai le truc, j’ai trouvé !

Il y aurait les cabanes,puis leur destruction !

T’imagines  l’image, les bulldozers, une vraie parabole sur cette société

de coercition ! »

Alors là je suis excitée. On va leur raconter.

La jubilation  est à son comble.

Dans l’avion, on ne se parlera pas. 

On  se dira juste : « on a rencontré des gens

formidables, comme on les aime ».

Mer.

2

février

« La cabane dans l'arbre » dans le parc de la

MJC Berlioz, source d'inspiration de MORTEL !

Une œuvre conçue par Nathanaël Petitjean.

On planche, ça griffonne,

ça invente...

On se réunit de 15 H 30 à 20 H 30  pour mettre un peu de chair autour du

concept des cabanes éphémères.

Objectif : un budget, un calendrier

Il fait beau, il fait chaud, nous sommes dans le parc.

La parole va beaucoup tourner.

Autour de cette table : Daniel, le directeur, Hervée et Jacques, Geneviève,

chargée d’écrire la chronique de cet événement. Nathanaël Petitjean, le

créateur des deux cabanes. Serge, son assistant. Baby : membre du CA.

Jean Michel : coordinateur, que l’on va vite appeler Monsieur carré, car il

veut tout de suite aller dans le concret. Françoise, la présidente. Gérald,

le vice-président.

Vend.

8

avril

C’est quoi le défi ?

Fabriquer 50 cabanes, qui se

montent en une nuit et qui

disparaissent le lendemain.

Construction et destruction.

Que le quartier y participe.

C’est quoi une cabane pour vous ?

L’abri , le refuge

Vivre en contact avec la nature

Le bio- dégradable

La récupération

Le rêve d’enfant,

Abdel Kader et sa Smala

Un  habitat dont on ne peut pas hériter

Une construction sans permis

La désobéissance civile

Quelques impératifs

Pas de matériaux achetés

Pas de pollution

Un sens de l’esthétique

Que la cabane vive,

qu’elle soit personnelle

Pourquoi la destruction ?

Parce que...

C’était un mirage

La loi Lopsy

L’éphémère

Qui fabriqueraient ?

Des plasticiens

Des habitants

Des groupes d’amis

Des associations

on finit par le cahier des

charges , l’intelligence

collective marche à

fond

À 20h30, on mange tous

ensemble à la grange

J-7 M

OIS

1er stage BIT

(Brigade d'Intervention Théâtrale)

Incroyable MJC Berlioz,

qui nous annonce 15 inscrits et l’on se retrouve le samedi à plus de 30.

Il faut dire que la publicité a été efficace.

Faîtes partie de la 1ère BIT de Pau, disait le flyer et l’affiche.

“Tout le monde est admis à la première séance mais doit subir le rituel

immuable des 60 questions. Ces soixante questions sont hyper personnelles.

Celui qui ne se prête pas au jeu, celui qui ne supporte pas ce déshabillage

impudique, comprendra de lui-même qu’il n’a rien à faire là”.

Dès le 2ème jour, sortie en brigade dans les rues du quartier

sam.

9

avril

La Brigade de Pau

est un modèle de

mixité sociale. Il y a

des comédiens,

des professeurs,

des personnes au

dessus de 50 ans,

des plus jeunes,

des cuisinières.

Les gens du

quartier  sont

vraiment gentils.

Aucune crainte,

nous pénétrons

dans les

appartements de

50 m2 à 23. Hervée

est déchaînée Il y a

de l’émotion.

[ Extrait de presse – Journal Sud Ouest - par Céline Dupeux ]

« À partir de là, on enlève des cabanes ce qui

est précieux, les fleurs du jardin, la photo du

grand-père, et ensuite, jouissance suprême, on

va tout détruire, jubile Hervée de Lafond. Ça

aussi c'est un rêve de gosse ! »

Tout ça pourquoi ? « Ce village ne va servir à

rien d'autre qu'à rêver », affirme l'artiste. « Ce

geste gratuit sublime sera une résistance à ce

monde calculateur et marchand, à ce vice

terrible de la société de tout figer dans la

propriété ».

Mieux, « la rentabilité sera en fait très

puissante parce que ça va créer une légende »

« Ceux qui auront vécu cette aventure

se la raconteront encore longtemps, et

ceux qui ne l'auront pas vue en

entendront parler. Ils pourront en faire

un fantasme. Un autre nom du rêve. »

1er apéro-cabane

chacun présente sa cabane

Il y en aura 40 au total...

Vend.

10

juin

La grange ouvre ses portes

Les truculentes nous régalent

Nous passons à la phase

ACTION !

J-5 M

OIS

On s'affaire en cuisine, certains jours nous

sommes 20, d'autres une petite douzaine.

Chaque mercredi et samedi tout le monde se

retrouve autour de la table.

Une drôle d'ambiance règne dans la grange.

Peu de bénévoles, beaucoup de questionnements,

certains décident même d'abandonner le projet.

Chacun fait dans son coin, se demandant à quoi

pourront bien servir ces cabanes. On compte

beaucoup sur Jacky pour garder la bonne humeur. 

4 ateliers jeunes

Ils ont entre 14 et 17 ans, ils sont volontaires et pendant 1

semaine de leurs vacances, ils participent à une action

citoyenne. Ils bénéficieront d' une indemnité de 90 euros. 

ATELIER RECUP CASSE + GRAPH AVEC THIBAULT

Mission : créer un élément de scénographie sur la friche.

ATELIER CONSTRUCTION BARRICADE AVEC MANU

Mission : construire une cabane

ATELIER CONSTRUCTION PETIPIC-GRANPIC

5 jeunes encadrés par des éducateurs de l'association de

prévention spécialisée de l'agglomération paloise (Apsap), de la

Maison de la montagne et de l'association Gadgé-Voyageurs.

Ils rabotent, scient,

clouent, pour donner

forme à leur projet. Les

branches de noisetiers

qui composent l'ossature,

Sophia, Brenda, Nikita,

Charlotte et Youssef sont

allés les chercher lundi,

en montagne. Jeudi, ils

ont ramassé de la

fougère. Le toit sera

recouvert de carton peint.

Ils bossent dur.

Et pendant ce temps là...entre Audincourt et Pau

C'est la valse des scénarios...

De : Jacques LIVCHINE

Envoyé : mercredi 29 juin 2011 14:55

À : MJC BERLIOZ

Objet : les 6, 7, 8

...Le 7 on aimerait tous les volontaires : brigades, constructeurs de cabane,

etc. Réunion collective : on fera tourner la parole, avec peut être même

quelques exercices écrits. (papier, stylos) Heure que vous choisissez.

Prévoir 3 H. exemple 17H/20H

le vendredi 8 on décrypte en petit comité toutes les propositions. 14 H-18H.

esquisse du scénario 1...

De : Daniel HEBTING

Envoyé : mercredi 29 juin 2011 18:20

À : Jacques LIVCHINE

Objet : Re : les 6, 7, 8

...ok sur la méthode de travail proposée même si votre logique me laisse

rêveur ou pour le moins interrogatif. L'essentiel pour moi, c'est qu’après votre

départ, ou dans la semaine qui suit, nous ayons un écrit. L'intention, la

trame.... et que chacun de nous ici, Nath, les cuisinières, les bricoleurs

bénévoles, sache pourquoi il fait les choses. Nous avons besoin d'un cadre.

(mais oui!)...

De : Jacques LIVCHINE

Envoyé : dimanche 10 juillet 2011 20:01

À : MJC BERLIOZ

Objet : retour sur le scénario 1

...Comme nous vous l'avons expliqué, le processus d'accouchement d'une

création nécessite pas mal de rêve, et nous ne voulons pas être

complètement freinés par la technique, et enfermés quatre vingt dix jours

avant. Être précis trop tôt, cela pourrait être rassurant pour vous, mais cela

peut mener à des catastrophes.  Il y a des scénarios qui nous collent, et dont

on ne peut plus se défaire...

De : Daniel HEBTING

Envoyé : mardi 12 juillet 2011 12:17

À : Jacques LIVCHINE

Objet : Re: retour sur le scénario 1

...Je n'ai pas besoin d'être rassuré, je l'ai été lors de notre première

rencontre. J’ai simplement besoin de pouvoir raconter une histoire pas un

scénario précis. Je suis un acteur social, j'essaie de provoquer des

rencontres, d'ouvrir des horizons, de mobiliser des énergies pour le simple

plaisir de créer quelque chose ensemble.

...nous avons embauché deux guides pros, bardés

d'expérience, de décorations, à qui nous avons

confié notre vie, nos enfants, nos femmes et nos

espoirs.. et nous retrouver perdus, c'est une

expérience inédite pour les pyréneistes que nous

sommes...

Extrait du mail de Daniel Hebting pour le Théâtre de l'Unité

envoyé le 27 juillet 2011

On court, on vole,

On abandonne les scénarios...

On sent que la phase recherche de scénarios rassurants est passée.

Hervée, à un moment stressée, sentant trop de pressions,  voulait

abandonner, elle avait l’impression  d’être manipulée.

Daniel Hebting est monté au créneau. Il l’a rattrapée. Cela a été une

opération “sincérité totale”.

On s’est tout dit. On a analysé nos différences, où ça coinçait.

On abandonne tous les scénarios, on avance, on définit ce que l’on

veut, ce que l’on ne veut pas.

Le chemin compte

Le chemin compte

plus que le but

plus que le but

lundi

12

Sept.

J-1 M

OIS

Vendredi  9 septembre. 19 H-20H 30

Séance de recherche collective en commissions

suivi d’un pot.

Les commissions :

a) Le décorum Esthétique : Nathanaël,...

b) La restauration, le bar : Roselyne, Daniel,...

c) La pensée :  Jacques , Myriam,...

d) La communication et la signalétique : Jean-Michel,...

e) Les actions brigades : Hervée, Jeanne, Françoise

(costumes),...

Pour nous, c’est toucher les gens extérieurs qui

compte, ce n’est pas occuper les adhérents ,

c’est faire du décapant. On s’en fout de

l’ambiance, des vexations, d’en laisser sur le

bord de la route, nous on veut emmener les

gens “haut dans la montagne”.

Et pendant ce temps-là...

On cloue, on colle, on peint...

Berlioz, le partage dans la différence, Berlioz, faire ensemble,

Berlioz, élan collectif, Berlioz, bonne humeur permanente.

Nathanaël Petitjean, chargé de la scénographie, n'attend plus

les directives du Théâtre de l'Unité, il prend les devants. Il a

l'impression de devoir créer un décor pour un spectacle sans

histoires, il reste stoïque, il n'a jamais vu ça en 20 ans de

carrière...

40 cartels version « musée » à réaliser pour chaque cabane.

Gérald à la fabrication et Jacques à l'écrit.

C'est officiel, ce sera MORTEL !

C'est lors d'une rencontre entre Hervée

de Lafond et les élèves en CE1/CE2 de

l'école Marancy, qu'est venu l'idée du

titre Mortel !

MORTEL ! Se prépare...

À J-8 un va-et-vient incessant de

cabanes commence entre la

grange et la friche

Vend.

7

Oct.

J-8 j

ours

Les cabanes sont installées sur la friche selon des

emplacements bien précis définis par Nathanaël Petitjean, le

scénographe, avec le soutien de Marie-Christine Lamaysouette.

Hélène Sanier s'occupe d'afficher les phrases sur les murs :

Le cercle circassien j'aime bien qu'il ne soit pas rond

Berlioz doit éclabousser, il faut que ça dérape un peu, que ça

rigole

A Pau, il n'y a pas d'Ikéa!

Les cabanes, c'est comme un rêve d'enfant, un rêve d'enfant cela

ne dure pas

Marre du bio !

Le chemin compte plus que le but

Ce serait tout de même mieux si c'était un champ de cannabis

Pourquoi on ne laisse pas ces jardins aux Roms?

Vive les OGM!

C'est le club Med ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est

gentil

Dans la vie, on te prend tout, il vaut mieux le détruire avant qu'on

te le prenne

Tu construis un château de sable, la marée arrive et il disparaît.

J'ai envie de tout péter!

L'art éphémère se grave dans l'imaginaire

Je vous construirai une ville avec des loques, moi !

Des commandos pub

débarquent dans la ville.

2 actions par jour

mardi

11

Oct.

18 H  le Rond point Eric Tabarly

3000 voitures à l’heure

ça intrigue,

il faut que le titre passe dans les mœurs

Les affiches dans la ville ne se voient pas.

Toujours le même d’ordre, faisons comme si on nous prenait en photo

Beaucoup d’interrogations

Vous faîtes quoi ? Pourquoi Mortel ?

La Maire de Pau ne se laisse jamais démonter par Hervée qui sort

pourtant la grosse artillerie. Elle appelle Hervée « Cheftaine ».

Nous comptabiliserons 5058 entrées de 11h à 22h30.

les flics fumeurs de pétards sont très occupés

On ouvre !

Sam.

15

Oct.

On a caché les musiciens de l’orchestre de Pau dans les buissons.

Les promoteurs rapaces

Le groupe de Roms

Les enfants et ados s'accaparent les cabanes...

L'atmosphère est paisible.

Des évacuations suspectes à

la centrale...

Puis la dramatisation commence à partir de

18 H. Les commandos de destruction se mettent en

place, les pyromanes préparent leurs artifices. Le

Mouvement Anti Destruction s'organise.

Bref, Le ton se durcit.

et voilà ce que deviennent les cabanes dont

certaines ont demandé des centaines d’heure

de travail. Ça brûle de partout, le public fuit

acculé par la chaleur qui est énorme.

Partout on hurle,

Mortel , trop mortel !

Quel plaisir !

Il faut juste se méfier des surestimations du lendemain.

On est tellement content d’avoir terminé, d’être allés

jusqu’au bout, d’avoir passé les obstacles, d’avoir

respiré l’atmosphère  douce suivie de sa barbarie

finale, que l’on s’auto félicite les uns les autres.

Et on s’embrasse... et on se dit bravo

et les gens disent bravo et Jeanne insiste “ je veux

vous revoir”.

Non Jeanne , c’est fini, il est rare que même ayant vécu

des moments

si forts,  on puisse se revoir.

Trop d’images, je n’arrive pas à m’endormir,

l’adrénaline ne se dissout pas.

Jacques Livchine.

Direction artistique : Théâtre de l’Unité, Hervée de Lafond et Jacques Livchine

Scénographie : Nathanaël Petitjean et Marie-Christine Lamaysouette

Concert de feu/Pyrotechnie : les Commandos Percu – Toulouse

Régie technique : T.E.S. Événements

Direction MJC Berlioz : Daniel Hebting / Coordination : Jean-Michel Fragey / relations

bénévoles : Serge Delhoustal / Équipe jeunes et familles : Christian Carcenac, Julia Le

Formal, Gaëlle Sève, Alexandre Lubet et Mathilde Bodson / relations Espagne : Adriana

Lafouge / administration : Christel Isaac et Sandrine Brel / comptabilité : Annick Savary

Partenaires culturels :

Maison de l’enfance Marançy, les Francas, les écoles du quartier, le lycée agricole de

Montardon, l’Orchestre de Pau Pays de Béarn, Communauté Emmaüs Lescar-Pau, la

Maison de la Montagne, gadjé-voyageurs, l’Apsap, Ampli, le Bel Ordinaire, le GAM, Collectif

ça-i, Collectif A.A.I.A., Bon’Art.

Un grand merci à Jean-Marc Musset et Denis Malorie ainsi que tout le personnel des

services techniques et espaces verts de l'agglomération de Pau.

Réalisation du livre : Jean-Michel Fragey

Crédits photographiques : Valérie Toulet / Wilfried Castanet / Antonin Delvaux / Nelly

Prévost / Raymond Garetta / Jacques Livchine

MORTEL ET APRES……

Une friche pour quoi faire ?

La ville de Pau aurait pu y construire des immeubles…Sur un terrain

de 2 millions d’euro, 150 logements !...

Non, décision est prise : ce terrain sera un immense jardin.

Pas un jardin d’agrément avec des bancs et des bacs à sable.

Non, un jardin avec des fruits, des légumes et des espaces collectifs

pour se rencontrer.

Un îlot de couleurs et de nature au milieu de la ville.

Un lieu d’échange que chacun aura plaisir à s’approprier.

Un lieu de développement des solidarités autour de la culture.

Un lieu de respect de l’environnement où l’on viendra à la rencontre

de la nature dans la cité.

Un lieu voué à une réalisation autour de la réflexion sur le rapport

nature/ville.

Un laboratoire d’expérimentation sur les cultures biologiques.

Des jardins partagés qui auront comme exigence une intégration dans

l’architecture urbaine, une qualité paysagère.

En plus d’y faire pousser des légumes et des fruits ce sera beau et

intégré à l’environnement et on y croisera des œuvres d’artistes.

Certains jardins permettront à des familles un temps éloignées de la

vie sociale de retrouver leurs marques et de cheminer vers une

réintégration dans la société.

D’autres serviront de tremplins à des jeunes du quartier.

Le quartier y aura son jardin collectif.

Ces jardins seront gérés par différentes associations (dont la MJC et

les CIVAM).

L’événement « MORTEL » est une belle préfiguration de ces jardins.

Dés la fin de ce mois, réflexion et réalisation s’engageront.

MJC BERLIOZ

84 avenue de Buros 64000 Pau

05 59 14 01 14 / mjc-berlioz@club-internet.fr

www.mjcberlioz.com



 

Jean Michel Fragey raconte...

jeudi 24 novembre 2011