BIT 2005

 


Ô Monde , monde étranglé, même pas symbole, mais néant, je contre, je contre, je contre !


LA BRIGADE EN 2005. ACTIONS, RECHERCHES

 

 

 

La vie d'une compagnie n'est pas sans rappeler les compagnies militaires. des opérations, des conquêtes, des replis. Le terme de brigade n'est pas usurpé.

LA REMISE DES PALMES ACADEMIQUES

25 février 2005. au studio des 3 oranges. 160 personnes.

L'histoire de ces palmes est un peu mystérieuse. Pourquoi les palmes académiques alors que l'on nous a retiré en 2001 les cinq classes dont nous nous occupions au lycée Cuvier ?

Qui nous a proposé ? Longtemps Jacques Livchine a cru à un canular bien monté. Et puis voilà, les palmes sont arrivées en mai 2004 avec quelques lettres d'accompagnements de sénateurs ou de président de région.

On nous a discrètement signalé qu'il fallait les accepter, car ces palmes peuvent être une forme de protection , un talisman.

On a décidé d'en faire une cérémonie à résonnance locale. D'abord un hommage à Jean Bazaine auteur d'une célèbre mosaïque à Audincourt , hommage rendu par Catherine de Seynes, puis Hervée de Lafond et la Brigade ont préparé à l'insu de Jacques Livchine, un cérémonial assez étonnant.

L'arrivée de la médaille

 

 

Le rideau de fer se lève laisse apparaître les phares de huit moteurs vrombissant.

 

 

puis un cheval pénètre dans le studio des 3 oranges fièrement monté par Clément Dreyfus.


voici le récipiendaire qui apparaît cloné 12 fois.


Son pédigrée, symbolisé par les choux, sans doute l'amour de la soupe aux choux et son dérivatif le kapouchnik

 


Arrive alors Pierre Moscovici le vice -président du parlement Européen.


Un très beau discours de Moscovici, fin et informé, décontracté. A ses pieds les petits enfants du récipiendaire.

 


La réponse de jacques Livchine


et puis l'on croit que c'est fini, mais non un dernier effet, et non des moindres, la revanche du Louis ou l'envol du récipiendaire.

Bref une belle surprise, inattendue, bien montée.

On termine à la maison Unité, buffet de viandes et de crudités.

Une bien belle soirée en vérité.

Annexe

Document technique/ le déroulé

 

Presse

L'article de l'Est républicain (27 février 2005)

Le palmé fait les planches
Délire d'artistes pour la remise des palmes académiques à Jacques Livchine co-directeur du théâtre de l'Unité.

Livchine décoré ? C'est une plaisanterie, ou quoi ? De toute façon, il va refuser sa médaille ! Eh bien non, l'intrigue de ce carnet mondain inattendu s'est déroulée vendredi soir à Audincourt, avec pour seul suspens la délicieuse mise en scène de Hervée De Lafond, bourrée de surprises et de dérision. Car une remise de médaille (prix : 100 €, à débourser par l'intéressé), c'est aussi du spectacle, en l'occurrence celui que le théâtre de l'Unité a érigé en marque de fabrique grinçante. Huit clones, vêtus de longs manteaux, chapeautés et cigare au bec, s'extirpent de bruyantes voitures et entourent la vedette de la soirée. Deux griots les rejoignent, ainsi qu'un cheval, trois mandarins (symboles de la position sociale) et le chien Pina, sans oublier les neuf choux pas encore sacrifiés au futur « Kapouchnik ». Absolument rien d'académique, même si Pierre Moscovici a accepté l'honneur d'incarner la République récompensant ses enfants les plus méritants.

 

Une médaille du travail collective

« Une décoration, ça ne se demande pas, ça ne se refuse pas et ça ne se porte pas ». En une réplique aussi théâtrale que philosophique, l'ancien ministre a épinglé son ami Jacques en l'exonérant de tout état d'âme : « Même si tu as toujours essayé de nager sans palmes, c'est tout le théâtre de l'Unité qui reçoit cette médaille à travers toi ». De quoi barboter encore un bon bout de temps dans ce début de XXIe siècle incertain où le rôle de l'artiste est avant tout de comprendre les nouvelles valeurs montantes. Barboter, Jacques Livchine s'y emploie à merveille, au sens propre : attaché à un harnais, le nouveau palmé, muni d'un masque et d'un tuba, a fêté « sa position élevée » en brassant de l'air. Pour une fois muet comme une carpe, victime sans doute de l'émotion intime, celle que l'on cache hors des planches.

Mais on ne bâillonne pas un militant du contre-pied permanent : « Contrairement à Paris où elle est méprisée, la médaille du travail est très respectée dans le Pays de Montbéliard. Cette distinction, c'est un peu la médaille du travail du théâtre de l'Unité. Et comme il est subventionné, je ne peux pas me permettre de la refuser ; je la porterai donc jour et nuit ! ». De surcroît, Jacques Livchine est superstitieux. Un acteur africain, qui connaît donc l'infinie portée des mots, l'a pratiquement sommé d'accepter ces deux belles feuilles métalliques entrelacées : « Ce sera ton gri-gri, il te protégera ! ». Une injonction qu'il a prise à la lettre, dégonflé d'orgueil et empli de fougue sarcastique : « A l'Unité, on a la pêche et on va sévir jusqu'à 80 ans ! ». Même si le chemin de palmes mène souvent au chemin de croix...

 

François ZIMMER

 

L'inauguration du Multiplex, Mégarama d'Audincourt. mardi 1er mars 2005

C'est la maxi-soirée. 10 salles de cinéma à Audincourt ! Depuis deux ans on ne parle plus que de ça. Mais au dernier moment les fausses nouvelles se bousculent. Ce sont les "pacemakers" groupe régional connu, clones d'Eddy Mitchell qui assureraient tout l'accueil, mais nous tenons à en être aussi.

Christain Bouchu, le directeur est débordé, la presse a mal annoncé la soirée.

On organise une brigade SOS à l'arrache : Goobie, Marcel Djondo, Gaetan Noussoglo, Eliane Geiss, Pancho, Catherine Fornal, Areski, Jacques Livchine, Hervée de Lafond, Clément Dreyfus, Nathalie Mielle, Youssri El Jaccobie, Marielle Durupt.

On a décidé de préparer les répliques les plus connues des films et de jouer avec ça. La péparation se fait dans le rire. Chacun doit lancer sa réplique, il y a même des citations gestuelles de de Funes.

les répliques célèbres : tâchez de les reconnaître.

  1. Gamin ! Reviens gamin !

  2. Tu vas pas resté tout seul dans c’bois !

  3. Dans la vie y’a ceux qu’on un revolver et ceux qui creusent. Toi tu creuses.

  4. Joyeux Noël Félix

  5. C’est cela oui C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim

  6. Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse et j’ventille

  7. Janvier, j’veux mille francs

  8. Atmosphère, atmosphère, est ce que j’ai une gueule d’atmosphère

  9. Mon seignor il est l’or. Il est l’or de se réveiller, il est 8 or 

  10. On est pas bien là, décontracté du gland et on bandera quand on aura envie d’bander

  11. Manon, Manon, je t’aime d’amour Manon

  12. J’ai rien à faire, j’sais pas quoi faire

  13. Si vous n’aimez pas la campagne, si vous n’aimez pas la ville, si vous n’aimez pas la mer, allez vous faire foutre

  14. geste soupe aux choux, le dindon

  15. Gestes de De Funès nez + violon + tatatatata

  16. Si j’aurais su, j’aurais pas v’nu

  17. Hasta la vista, baby

  18. Je ne vous jette pas la pierre Pierre

20 H 30. Tout le gratin de l'agglomération est là. Le son est très mauvais, on assure comme on peut. On fait les serveurs fous, on grimpe sur la caisse, on fait l'accueil avant les deux films projetés. Clint Eastwood, d'un côté, Boudu de Jugnot de l'autre.

ça roule. pas de photo, les batteries étaient déchargées.

 

AUDINCOURT. LE 23 AVRIL VENTE AUX ENCHERES DE LA BIBLIOTHEQUE


Une commande de la ville d'Audincourt. : vendre aux enchères des bâtiments municipaux pour alerter la population sur les dangers de l'AGCS. Accord général des services, qui mettrait en difficulté tout service subventionné dans le cadre d'une concurrence non faussée.

Hervée fait un bon commissaire priseur bien antipathique. Le Maire est là, et tout ce qui compte comme maires- adjoints. Mais c'est surtout la presse locale qui va accorder une grande importance à cette prestation et même en faire la première page de l'EST. Le vendredi, Hervée réitère à Hérimoncourt.

 

 

 

 

 

DIJON . LE JOUR LE PLUS BON. 26000 couverts. 30 avril 2005

Pour une fois nous ne sommes que 5 : Hervée de Lafond, Areski Sediki, Pancho, Catherine Fornal, Jacques Livchine.

Les 26 000 sont une compagnie de théâtre de rue si vous voulez, ou pas de rue. Les 26 000 c'est une démarche qui ne ressemble qu'à eux -mêmes.

C'est sûr que nous partageons avec les 26 000 des valeurs fondamentales communes. Faudrait un jour juste savoir lesquelles ?

Alors c'est quoi ce jour le plus bon ? ou plutôt ce n'est pas quoi ? Ce n'est pas un festival, ce n'est pas une inauguration ou une pendaison de crémaillère, ce n'est pas une garden-party, ce n'est pas une rencontre de compagnies, ce n'est pas un évènement médiatique, ce n'est pas du marketing, ce n'est pas une fête de famille théâtrale, mais c'est quoi ?


Je croise à un moment donné Philippe Nicolle, l'animateur en chef des 26000, il me dit " tout le monde est content, tout le monde sourit". Mais moi je déteste ça, une assemblée de gens contents, cela ne veut rien dire que les gens soient contents, il faut qu'ils soient plus que contents. Et je crois qu'ils sont effectivement plus que contents car saisis par la magie des instants exceptionnels qu'ils sont en train de vivre.

Les 26 000 ont ouvert leur caserne désaffectée à leurs amis artistes en leur donnant la consigne " faire quelque chose de pas habituel et pour la première fois". Une cinquantaine d'artistes a répondu et occupe différentes petites niches du lieu. Les noms des artistes ne sont pas annoncés, simplement le titre de la prestation, le public doit partir à l'aventure et faire des découvertes.

26 000 met en scène l'accueil. Des dizaines d'hôtesses d'accueil reconnaissables à leurs moustaches guident le public. La jauge est maîtrisée et bloquée à 500. Le public est un mélange d'amis d'artistes et de voisins ou gens anonymes de la ville qui déambulent. Un système très sophistiqué de location est mis en place.

Il fait beau, et manifestement s'installe une atmosphère très spéciale et très agréable, disons une atmosphère de grande douceur. Pas de saltimbanques qui s'égosillent, pas d'échassiers menaçants, pas de sonorisation agressive. La vedette, c'est peut-être la décroissance, et le ralentissement. On s'assied, on repart voir quelque chose qui ne dépasse jamais vingt six minutes. On est prêt à tout pardonner, ce ne sont pas des artistes qui cherchent l'assentiment obligatoire du public, ce sont des artistes qui cherchent avec le public. On n'est pas là à se dire "va voir ça, c'est bon" On est là pour vivre ensemble un moment inhabituel et unique.

 

Et voici ce que nous avons présenté :


Hervée fait une dame pipi russe. elle va jouer cinq heures durant, agressant dans un russe réel et personnel tous les clients, mais parfois elle leur lit du Tchekhov (en russe).


Elle distribue le boumagou(papier) et sert du Tchaï (thé). Présence assez incongrue et dynamique. Beau personnage.


Catherine et Pancho présentent une scène d'amour chantée en chambre. Chants mexicains ou polonais. C'est très déjanté. Ils jouent six fois dans l'après midi. la séquence dure quinze minutes.


Areski a installé son lit dans l'arbre dans la crainte d'un tsunami, il va rester quatre heures juché dans l'arbre, parfois il arrive à faire monter une personne du public.

 

Quant à moi, Jacques Livchine, je réalise un de mes vieux rêves, dire les 25 strophes du bateau ivre soutenu par mon accordéon. L'expérience est intéressante, car le le public ne sait absolument pas ce qu'il va voir. Alors il y a un round d'observation assez glacé. je devine sur les visages leurs réactions. Certains se laissent emporter, d'autres sont insensibles. Je joue six fois dans l'après midi. A la cinquième séance, alors que je suis assez sûr de moi, je me paie deux ou trois trous mais je me rattrape. Pas évident. Tout l'après midi, je me laisse enivrer par la beauté du verbe. C'est orgasmique. A la fin, j'ai les cordes vocales un peu usées.

21 H. Les 26 000 font le final. C'est à hurler de rire. C'est un feu d'artifice qui déraille, met le feu à un arbre, fait sauter une caravane etc.

 



21 et 22 mai 2005. Festival de l'Oh. Val de Marne

l'équipe : 10 personnes

David Mossé, régie générale et les comédiens Hervée de Lafond, Gill Herde, Goobi, Samy Guet, Seb Dec, Delphine Branger, Marine Dusehu, Natalia Volkovinski. Au poste d'inspecteur des travaux : Jacques Livchine

Gigantesque fête organisée par le Val de Marne pour réfléchir sur les problèmes de l'eau.

Des milliers de fanions, de flèches, vingt villes impliquées.

Onze commandes de spectacles sur péniches sur le thème de l'eau. Cinquième édition. Une organisation incroyable pour que les péniches passent bien les écluses à temps. Des animations scolaires, un voyage en Amazonie.

C'est sûr, le président du Conseil général, Christian Favier, peut être content. Mais dans les faits pour nous ce sera Waterloo.

On a misé sur un texte, assez littéraire que j'ai écrit, qui évoque un peu toutes les arnaques de l'eau, les Messier et cie. Texte assez violent par endroits, car vraiment avec l'eau on touche de près un des plus grands scandales de l'époque moderne. Comment l'eau se transforme en argent, c'est beaucoup plus fort que la multiplication des pains.

Le texte s'appelle "Grande pompe". Car paraîtrait -il, les grands de l'eau possèdent aussi les pompes funèbres selon le principe "six milliards d'hommes boivent, six milliards d'hommes meurent. Exploitons habilement cette manne".

Si cela vous interesse : clic clic ici: le texte

Mais voilà : première à Vitry. Public = 5 personnes. Indifférence totale du reste de la fête. Les sonos continuent de diffuser. Nos micros grésillent, se coupent, s'entrecoupent. On n'entend rien. Seule l'image tient le choc.Vingt minutes qui n'en finissent pas. L'horreur.


Villeneuve St Georges. On atteint le non -supportable. Je crie de la berge: coupez les micros, dansez. Mais une impro dansée de 20 minutes, qui pourrait le faire ? Une dizaine de personnes regarde très vaguement. Un horrible animateur s'égosille.

Orly : c'est sur l'autre rive, mais il y a un embouteillage d'une heure en voiture pour y parvenir. Hervée me dit qu'ils ajouté une petite bagarre.

Choisy le Roi : quelques images tiennent, mais c'est pauvre, très pauvre. C'est le cauchemar que tu ne voudrais jamais vivre. Parce que cinq minutes, bon ça va, mais pas vingt minutes.

Moi, qui prône l'échec maximum, je suis en déroute. car souvent l'échec cache une prise de risque, là c'est une ratée technique qui met tout par terre.

Dimanche matin. Celleule de crise. On sort notre plan B. On refait tout sans texte, en pantomime. Le festival nous trouvé de nouveaux micros, mais nous sommes traumatisés, nous ne voulons même pas essayer.

Mais avant Créteil, notre premier essai.

Patatras. Marine dévisse de l'échelle qui mène à la cale et s'écoule cinq mètres plus bas, choquée. Croix rouge , hôpital. Equipe du festival hyper-efficace.


Elle s'en sort avec béquilles et contusions au talon. Oïe, ouf !


A Maisons -Alfort, enfin nous tenons le bon bout. Je note 14/20. Belle fête, Marne très pittoresque, 300 personnes.


On raconte de vraies petites histoires.

 


A bord, c'est vraiment formidable et magique, mais il faut affaler le décor, passer les écluses, tout le monde s'active .


Le Marinier, Frédéric Vincent est vraiment sympathique, et à Alfortville, il va jusqu'à faire valser sa péniche. Une belle rencontre.

Sinon, il faudra analyser, comment nous nous en sommes remis naïvement aux micros HF, où est la théâtralité d'une péniche, comment jouer sans contact avec le public etc.

Merci à Nathalie Milan et Judith Frydman de nous avoir offert cette formidable ballade sur l'eau, car c'est une découverte, cette banlieue vue de l'eau.

 

PARADES / NANTERRE/ 4 ET 5 JUIN 2005

équipe de 12 personnes : Pierre Samuel, Marcel Djondo, Hervée de Lafond, Nathalie Mielle, Marie Leila Sekri, Pancho, Clément Dreyfus Sylvie Lalaude, Catherine Fornal et deux nouvelles : Faudtine Tournan, une ex de l'école de Chaillot et Michèle Lautrey, une infirmière en soins pallaitifs de Baume les Dames.

 

Au programme : l'école Ste Odile , les Miroirs.

Les Fées.

 

C'est un festival où dans le vieux Nanterre , dans la parc de l'ancienne Mairie et tout autour sont programmés simultanément une trentaine de spectacles de rue. Ce festival a été fondé par Christian Taguet, il y a bien 15 ans, il a eu de nombreux directeurs dont Claude Quemy, maintenant c'est Cathy Girardet qui est aux commandes.

Ce qui m'a paru curieux , c'est la folle adhésion du public familial, mêlé , gentil, qui se ballade et adhère totalement, sans aucun esprit critique. Les gens balladent leurs gosses, ou font un tour, ils ne sont pas stressés, ne cherchent pas l'évènement.

La Brigade est un des seuls spectacles démabulatoires du dimanche entre 14 et 17 H, donc circule entre les différents cercles qui entourent les spectacles.

Tous les spectacles sont tellement mièvres, que la BIT avec les fées ou l'école Ste Odile devient quasiment les "cacahuètes" de la journée. C'est à dire, l'ingrédient ravageur et décoiffant.

 


 

On tente quelques nouvelles expériences avec les miroirs comme décalage de la perception.


C'est peut être une amorce car il manque l'argumentaire- texte sur la courbe de la terre, l'image renversée par la pupille, le fait qu'on ne voit pas mais que l'on interprète, tout un rituel à inventer.

 

BRIGADE A GIROMAGNY (90) Samedi 11 juin 2005

chef de brigade : Hervée de Lafond

On sort nos "vestes rouges "pour la fondation "Arc en Ciel". On embarque 5 membres de la FAI AR en stage chez nous. (Pablo,Mélina, Thierry, Raphaël). On leur enseigne les consignes classiques, on leur apprend à toute vitesse la petite chorégraphie des lapins et on se lance. On y va "soft", on sait que l'on a à faire à des gens fragiles, on fait des trucs rigolos, mais en se retenant.

Et pourtant, au bout d'une heure, le directeur nous demande d'arrêter, soi-disant que l'on aurait perturbé gravement une des tables. En fait, c'est qu'ils attendaient leur repas depuis 1 H 30 et cela les énervait quelque peu.

On reprend un quart d'heure plus tard, ça va. On fait des images, on dessert les tables. Manel chante pour les chanteuses ravies.

Il paraît que notre intervention "soft" a fait des vagues.

 

ECOLE DES AUTOS. Audincourt. samedi 18 juin 2005


très jolie école à l'ancienne à Audincourt.

4 classes présentent au reste de l'école et aux parents leur vision des contes pour enfants. On a travaillé six mois avec eux , sous forme de conseil technique. (Hervée, Jacques, Gaetan, Marie Leila). Les enfants sont très concentrés et ne font aucune faute. C'est très joli. Martial Bourquin, le maire, reste une demi-heure. Ca a l'air de le faire rire. Travailler avec cette équipe a été un régal.


le spectacle en répétition.

 


BASE DE LOISIRS DU MALSAUCY (90) 28 août 2005

Brigade de 9 personnes : Chef de brigade, Jacques

Michèle, Vahid, Areski, Pancho, Catherine, Marielle, Marc, Gaetan, Eliane

Brigade amis de la nature. On a acheté des gilets fluo.

Un peu d'ironie sur l'écologie.

Nous sommes censés inspecter la nature, l'eau, l'herbe, les arbres.

Il fait beau, 22°C.

Nous jouons deux heures, de 16 H à 19H avec une pause au milieu.

Quelques grands moments :


le ramassage des mégots.


le papier -bulle sur l'eau.

L'enfant dans l'arbre, le culte de l'arbre.

le culte de l'herbe.

 

C'est une plage, les gens prennent des bains de soleil. Les gens sont gentils, aucune agressivité, parfois ils pennent tout au premier degré.

Nous nous amusons, nous sommes farceurs.

Un homme et son enfant s'éclatent, passionnés , du début à la fin.

 


COMMEDIA DELL'ARTE A CAMPAGNE A LA VILLE, FETE D'AUDINCOURT

11 septembre 2005

 

Acteurs :

 

Seb Dec, Catherine Fornal, Hervée de Lafond, Jacques Livchine

 

On ne va pas faire la fine bouche. On met beaucoup de temps avant d'être chaud, mais le risque c'était de jouer devant personne, or à chaque fois le cercle se forme.

Sébastien se fabrique peu à peu un personnage de Sébastiano, un arlequin naïf et ignorant, ça tient la route.

Jacques Livchine ne trouve sa voix qu'en 4 ème représentation. Hervée galère pas mal, Catherine ne se met à exister aussi que sur la fin.

On joue 4 sketches :

Le professeur pose une colle à Sébastiano / Sketch emprunté au bouquin de Tristan Rémy sur les clowns. C'est bien construit.

Hervée et Sébastien jouent l'anniversaire du 11 septembre. Pas mal.

Tous les quatre on joue la crise du pétrole. Moyen.

Catherine sort sa "Julie" dans la Star-ac. On n'y arrive pas trop.


Jacques Livchine dans le "professore".

 

Bien sûr, il eût fallu un peu plus de rituel au niveau de l'emplacement. Un petit tréteau avec rideaux n'aurait pas été de trop, et des vraies heures de passage.

Cela dit, pour être populaire, le public l'était totalement.


 


AUDINCOURT VEILLEE DE LA PAIX / 21 SEPTEMBRE 2005/ FOYER MUNICIPAL

 

Le thème, c'est la paix.

1 H 30 de spectacle avec les écoles, les MJC et quelques citoyens.

400 personnes.

Le public, ce sont les parents avant toute chose.

On s'en sort de justesse, car vers la fin cela patine un peu, mais le contrat est rempli.

L'exercice est difficile. Il faudrait saluer ou mettre sur un piedestal tout ce corps enseignant qui donne de sa personne avec générosité.

 


L'espace de jeu du foyer municipal :nous avons opté pour le centre de la salle plutôt que la scène trop étriquée.

Parfois cela devient émouvant, parfois c'est un peu trop imparfait. Aléas et forces de l'amateurisme.

Mention spéciale à l'école de la rue Neuve et le travail de Marianne Lucas et de ses élèves, épaulés par Gaetan. Ils y ont passé beaucoup de temps, mais le résultat est une très jolie pantomime avec costumes.

Hélène nous a fait sa sainteté le Dalaï -Lama, Hélène qui revient d'un an passé en Inde à faire de l'humanitaire, ce la lui donne beaucoup de sûreté.

Youssri se présente avec quatre jeunes, très beaux et très costauds, tout de blanc vêtus, qui nous font des petites improvisations avec un certain brio et un soutien total du public, qui encourage la bonne graine de "jeunes de quartier".

Jacques et Youssri font un sketch -Juif arabe- des vrais frères, assez efficace.


les jeunes des califourchettes. Restaurant scolaire des Francas, qui feront une série de "ah oui ça ça c'est oui, ah oui ça oui ça aussi". inspirée des faboulous troubadours.

et bien sûr le public : très populaire, presque trop, il nous eût fallu, des cadres, et des professionnels etc

 

Allez pour m'en souvenir, un peu de générique.

 

les participants :

  1. Maternelle des autos : Ghislaine Girardin

  2. Maternelle de la rue Neuve : Marianne Lucas

  3. L'école des 1ers castors : Michel Baudart

  4. Ecole Georges Edme : Laurence Michoullier

  5. Ecole sur les Vignes : Anne Seychia, Nathalie Marceau, Elisabeth Jacquet , et pour la maternelle Salima Inezarene

  6. MJC du centre : Cyril Lefèvre

  7. MJC Saint Exupéry : Jean Marie Lehingue, Yousri El Jacoobie, Mehdi et Nasser Tebani,Youssef Assal, Nader Zebich

  8. Les Francas : Catherine Holchinger, Nathalie Beaufort Joannes

  9. Les adjointes de la municipalité : Agnes Petitprêtre, Marie Claude Gallard, Françoise Liboz- Georges

  10. les Conseillères municipales : Marie France Descouvrières, Nadine Artisi, Marianne Royer Humbert

  11. les citoyens : Robert Januelle, Stéphanie Campiello, jean Luc Racenet, Elisabeth Mattei, Zineb Rahim, Isabelle Coulardeau

  12. Ateliers : Gaetan Noussouglo, Hélène Jouvelot.

  13. Régie de la halle : Jean Claude Olivier

  14. Son : Serge Goddet

  15. Coordination générale : Josette Joubert

  16. Mise en forme : Hervée de Lafond, Jacques Livchine

 

(et je dois oublier du monde )


ELANCOURT/ QUARTIER DES 7 MARES. 8 OCTOBRE 2005

Retour au pays

A l'invitation de l'union commerciale du quartier et des habitants :

Brigade constituée de 10 personnes : Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Philippe Coulon, Catherine Fornal, Areski Sediki, Nathalie Mielle, Laurent Giroux, Samuel Guet, Sylvie Lalaude, Vahid Abay.

Il y a vingt ans que noius avons quitté la ville Nouvelle de St Quentin en Yvelines et sa maison pour Tous , où une Unité exsangue s'est installée en 1978, lorsque le directeur de cette future scène nationale, Jean Morlock avait décidé d'y implanter des artistes avec une triple mission de création, animation, formation.

Nous avons quitté cette ville après 7 années folles, alors que nous étions en plein essor, poussé dehors par un directeur jaloux et mesquin, (pas Morlock, un certain DJH) et des politiques ne faisant pas le poids, et aussi sous la pression d'un vilain arbitrage du ministère de la culture.

Cette ville noius a laissé des souvenirs, nous y avons forgé notre personnalité , et selon le slogan "un artiste devient bon quand il est mort", nous sommes devenus, depuis que nous avons quitté , une véritable légende.

Carnaval des ténèbres, le plus bel âge de la vie, la femme chapiteau, le mariage, Blue Lagoon, le théâtre pour chiens, le bourgeois gentilhomme, tels ont été les grands moments de ce septennat.

Là, on fête les 30 ans du quartier, ce sont avant tout des retrouvailles avec Papy, Nanda Pechevis, Monique Morvan, Les Gouffier, Les Sainsaulieu, Juliette Rolles, les Farge, Françoise Pelissolo, Cadalbert ( devenu président du San), Les Neveu, Alain Danet (l'ancien maire PS). Eric Hardin le libraire, Michel Delepine, Marie Laure Ségal, les Maréchal etc.

On déjeune à la pizzeria d'Annelka et Djamel Debouze, chez Pino.

Les acteurs dorment chez l'habitant et ont droit aux kyriades de souvenirs innombrables et à des petits déjeuners princiers.

Emission à Radio triangle, on essaye de ne pas trop tomber dans la nostalgie et de se dire que nous étions un formidable laboratoire d'idées nouvelles, porté par des habitants à qui l'esprit de cette ville sans passé donnait des ailes.


Elie Le Port, ancien et premier président de l'APASC, celui qui nous a fait venir.


ce quartier des 7 mares dans lequel nous nous étions tant donnés.

 


Nous sécurisons un homme qui était le garde du corps du Maire. Nous investissons la mairie dans un grand ramdam, ce qui met en fureur un adjoint.

 


Tout le monde est assez en forme, mais le quartier est assez déserté.

 


Tapis rouge vivant pour Eric Hardin, le tapis rouge date justement de cette époque.

 


Aubade aux commerces, chez le coiffeur , dans le supermarché, chansons polaroïd à tous les nouveaux français, et même pas français.

Mission accomplie avec l'épuisement qui va avec.

 



25 novembre. Audincourt. inauguration des sandales d'Empédocle, librairie .


L'équipe

1- Hervée

5- Philippe

9- Catherine

13- Sami

17- Marylin

2- Jacques

6- Gaetan

10- Panxo

14- Sylvie

18- Colette

3- Youssri

7- Marc B

11- Clément

15- Marie

19- Marielle

4- Eliane

8- Michèle

12- Seb

16- Hélène

20- Ares

En fait nous serons 16 : manquent à l'appel Eliane, Colette, Marielle, Areski, Pancho. Eric Prévost nous rejoint sur la fin .

L'histoire

Un conte de fée / car Madame Bauer décide d'offrir à la mairie, la librairie de son mari décédé, à condition que la mairie en fasse une librairie. L'excellente librairie de Besançon, les sandales d'Empédocle, relève le défi. Travaux en quatrième vitesse, et ouverture en septembre. Un exploit.

Très belle volonté politique de Martial Bourquin, qui s'additionne à la belle énergie des Sandales d'Empédocle de Besançon qui saisit l'occasion au bond.

Cela n'a l'air de rien , mais pour Audincourt, c'est l'évènement, l'irruption en centre ville d'une librairie indépendante, et vivante, une librairie digne de ce nom.

Les livres sans libraire, ce n'est rien, c'est mort. Là c'est accueillant, vivant. On appelle les libraires par leurs prénoms, Agnès, Mélanie etc. Elles ont l'amour du métier.

Dans ce pays de Montbéliard, qui vit sous étouffoir, sans élan, cette librairie est de l'oxygène, de la la liberté, et de plus comme a dit l'auteur Luis Sépuvelda, de la subversion.

On a décidé pour l'inauguration d'accrocher des centaines de livres aux arbres tout autour de la librairie, étant sûr, qu'à Audincourt, personne n'aurait l'idée de se prendre un livre.

Eh bien, merveille, tous les livres ont été volés. Incroyable. Ne subsistent que ceux qui étaient accrochés tout près du bureau de Police.

Dès l'entrée nous réclamons un mot de péage. Nous aurions bien voulu les jouer.


Les personnages décalés/ C'est assez drôle. Il interviennent par groupe de 2 ou 4 de 16 H à 19 H, et à 19 H tous ensemble en créant un bordonnement de gens qui lisent.

La librairie ne désemplit pas.


La femme qui cherche un livre qui ne puisse pas être lu par un homme. Marylin. Les libraires ne savent pas qu'elles ont à faire à une imposture. Mais Elisabeth Cerrutti , la directrice des sandales de Besançon marque le point, en proposant à cette femme un livre sur l'allaitement. Marylin ne s'y attendait pas.

Philippe Coulon joue un amoureux de Marie Despléchin. Il la regarde fixement longtemps, puis lui avoue qu'il a tous ses livres, mais qu'il ne les a pas lus car dès la première page, l'émotion est trop forte. "Commencez par le milieu" objecte t-elle, avec humour. Mais Philippe lui avoue qu'il l'aime, mais d'un amour avec un un très grand A. Quand Philippe lui demande toutes les dates et lieux de ses dédicaces, Marie Despelechin un peu éberluée le renvoie sur la direction des Sandales.


Sylvie, veut le rayon Arlequin. Elle a une très belle perruque de blonde, je ne la reconnais pas. Elle insiste auprès des auteurs sur l'intérêt primordial de cette collection.

Seb en policier municipal, veut développer la lecture au commissariat, il cherche des livres avec images. A un moment il va faire dédicacer par Marie Despléchin une bande dessinée , qui lui explique avec pédagogie que cela ne se fait pas.


Clément tient avec brio, le rôle d'un bûcheron illettré, il demande qu'on lui fasse la lecture à voix haute des passages de Sépuvelda concernant la forêt.

Samy arrive à prendre la place de l'auteur absent un moment, il est déguisé en réfugié, assez crédible.

Michèle est en SDF. Gaetan branche tout le monde avec un projet de film au scénario incompréhensible. Le fait qu'il soit Togolais, les gens lui prêtent avec bienveillance leur attention.


Yousri joue le jeune des quartiers, parle très fort, et éveille quelques craintes. Il veut des livres sur les évènements récents.

 

Cela marche auprès de certains, d'autres devinent notre présence, mais tout le monde se laisse prendre à un moment ou un autre.

Hélène, Marie Leila, Catherine, trop connues dans la librairie, font des actions dans les magasins alentour.

On intervient dans le défilé, aux côtés de la bête à bon dos, de la librairie au foyer municipal, il fait -5°C.


au moins il rit de bon coeur le Luis

 

 


Luis Sepulveda se laisse emmener sur sa chaise

 

Le choeur d'Empédocle ouvre la séance d'intronisation :

  1. Les voilà les voilà les sandales

  2. Arrachées du dédale

  3. Echappant aux mains des vandales

  4. Pour certains ce serait un vrai scandale

  5. Que dans l’ambiance py-ra-mi-daaaale

  6. dans ce système féodal

  7. en  Audincourt  de culture, on a la dalle

  8. serait cela un scandale ?

  9. Les livres  tels des pétales

  10. S’etaleront  loin  de nos amydgales

  11. Tant pis  pour  Beatrice dalle

  12. Tout s’emballe, tout s’emballe

  13. Allons, allons,  intronisons les sandales !

 

Discours convenus. On nous demandé de ne pas intervenir. On se soumet avec tristesse.

A retenir cependant le sous- préfet qui se permet quelques écarts puisqu'il semble dénoncer en filigrane le nouvel espace culturel du Centre Lelerc qui dit -il ne vaut pas la moindre inauguration. Le sous préfet me demande de lui dédicacer "Griffonneries". Bizarre.


Les fées font leurs voeux aux sandalettes.

La librairie va  tellement   marcher que tous les magasins seront transformés en librairie/ Que tous les livres soient écrits de droite à gauche, pour pouvoir être lus par les musulmans/ Que les pages des livres soient  transparentes/que les livres soient emboitables et deviennent étagère/Que les livres deviennent légers quand on les déménage/Que les livres se remettent tout seul sur la table de nuit quand on s'endort / Que les livres soient remboursés par la sécurité sociale/.

 

Excellent buffet de l'hôtel de la Balance d' Arbois.

 

Synthèse : belle soirée. Chaud au coeur. Car il y a là des valeurs fondamentales qui se défendent.